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Archives de janvier 2007

Solidarité anonyme

De nombreux collègues nous ont exposé leur enthousiasme à propos du mouvement que nous nous efforçons de structurer mais nous ont par ailleurs indiqué qu’ils craignaient que leur participation soit un frein pour leur carrière, l’agrégation principalement. 

Nous comprenons fort bien cette préoccupation et nous respectons scrupuleusement l’anonymat qu’ils sollicitent.

Si les remarques de nos collègues relatives au frein de la carrière sont fondées, cela ouvre un intéressant débat : la progression professionnelle ne serait peut-être pas liée qu’à des compétences appréciées objectivement…

 

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Le "Groupe de travail sur l’enseignement juridique", réuni à la demande de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et présidé par Monsieur le Professeur Truchet, vient de rendre un rapport portant "76 recommandations pour l’enseignement du droit" ainsi qu’un rapport portant "recommandations pour l’organisation et l’administration des facultés de droit".
Particulièrement riche et abouti, ce rapport contient de nombreuses dispositions dont la mise en oeuvre apportera sans doute de très bonnes choses. C’est à vrai dire peu surprenant vu la qualité des auteurs et leur implication depuis de nombreuses années dans la vie universitaire. En voici la liste :

  • M. Paul-Henri Antonmattéi, professeur de droit privé, doyen de la Faculté de droit de Montpellier
  • M. Bernard Beignier, professeur de droit privé, doyen de la Faculté de droit de Toulouse
  • M. Grégoire Bigot, professeur d’histoire du droit à l’Université de Nantes, ancien doyen de la Faculté de droit de Nantes
  • M. Jacques Bourdon, professeur de droit public, ancien président de l’Université Aix-Marseille III
  • Mme Jacqueline Domenach, professeur de droit public, doyen de l’UFR des sciences juridiques, administratives et politiques de l’Université Paris X-Nanterre
  • M. Daniel Fasquelle, professeur de droit privé, doyen de la Faculté de droit de l’Université du Littoral-Côte d’Opale
  • Mme Yvonne Flour, professeur de droit privé, vice- président de l’Université Paris I
  • M. Hugues Fulchiron, professeur de droit privé, doyen de la faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon III
  • M. Jean-Louis Harouel, professeur d’histoire du droit à l’Université Paris II, président de la Section 03 du CNU,
  • M. Alain Laquieze , professeur de droit public à l’Université Paris III
  • M. Jean-Pierre Machelon, professeur de droit public, doyen de la Faculté de droit de l’Université Paris V
  • M. Patrick Maistre du Chambon, professeur de droit privé à l’ Université Grenoble II, doyen honoraire, président de l’Association des universités à dominante juridique et politique, des facultés de droit et de science politique et des UFR juridiques et politiques
  • M Jean-Claude Masclet, professeur de droit public à l’Université Paris I, ancien doyen, directeur de l’UER 07
  • Mme Hélène Pauliat, professeur de droit public à l’Université de Limoges, doyen de la Faculté de droit et de sciences économiques
  • M. François Saint-Bonnet, professeur d’histoire du droit à l’IEP de Rennes
  • M. Frédéric Sudre, professeur de droit public à l’Université Montpellier I, président de la Section 02 du CNU
  • Mme Lucile Tallineau, professeur de droit public à l’ Université Paris X-Nanterre, ancien doyen de l’UFR Sciences juridiques, administratives et politiques
  • M. Bernard Teyssié, professeur de droit privé à l’Université Paris II, ancien président
  • M. Didier Truchet, professeur de droit public à l’Université Paris II, chargé de mission à la DGES
  • M. Xavier Vandendriessche, professeur de droit public à l’Université Lille II
  • M. Pierre-Yves Verkindt, professeur de droit privé à l’Université Lille II

De maître de conférences ? Point.

Le message est clair : sur les questions de l’enseignement du droit, de l’organisation et de l’administration des facultés, les maîtres de conférence n’ont pas leur mot à dire. Attitude surprenante de la part du Ministère qui introduit là un clivage qui ne résulte en rien du décret de 1984, professeurs et maîtres de conférences ayant la qualité d’enseignants chercheurs.

Lançons donc le débat. Il serait à cet égard utile que des professeurs s’expriment sur ce constat.

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Pourquoi ?

Les Universités françaises ont de belles pages à écrire. Elles ont contribué à dessiner la « vieille Europe » et doivent plus que jamais se préparer à rayonner au-delà des frontières. De telles ambitions, parfaitement louables, ne sont envisageables que si les différents acteurs font preuve de maturité. Si l’on envisage le corps des enseignants chercheurs tel que défini par le décret n° 84-431 du 6 juin 1984, il est permis de relever la coexistence de deux catégories, celle des maîtres de conférences et celle des professeurs. A ce jour, seuls les professeurs ont mis en place un embryon de coordination alors que les maîtres de conférences continuent d’œuvrer de manière isolée c’est-à-dire avec peu d’efficacité.

Des commissions et groupes de travaux se réunissent à l’heure actuelle pour discuter du devenir de l’université et de l’évolution des personnels. Dans l’immense majorité des cas, ces rencontres se font avec des professeurs, sans aucune présence de maîtres de conférences et cela sans que personne ne s’en émeuve le moins du monde.

Nous avons ainsi des propositions relatives à la carrière des maîtres de conférences formulées par des professeurs. Ils sont évidemment légitimes en ce qu’ils sont acteurs de l’université. A l’opposé cependant, l’absence de maîtres de conférences dans ces groupes de travail est illégitime. Que diraient Les professeurs si les propositions relatives à leur carrière émanaient exclusivement des maîtres de conférences ? Ils trouveraient évidemment cela absurde. Rien pourtant dans le décret de 1984 ne permet de justifier une telle situation et si le ministère ne s’en préoccupe pas, c’est tout simplement parce que la voix des maîtres de conférences est aujourd’hui inaudible.

Des arguments pour le moins surprenant sont parfois entendus pour tenter de légitimer cette absence de prise en compte des maîtres de conférences : c’est un corps de transition, leurs fonctions sont moins importantes que celles des professeurs …

Il est peut-être temps d’en discuter car les chiffres du ministère sont sans appel : 4686 maîtres de conférences au sein de la section Droit, Sciences politiques, Sciences économiques et de gestion contre 2175 professeurs. A qui veut-on faire croire qu’il ne s’agit que d’un corps de transition puisqu’il est évidemment hors de question d’augmenter le nombre de postes de professeurs ? Sans doute aux quelques maîtres de conférences qui espèrent passer entre les gouttes et faire partie du petit nombre d’enseignants chercheurs « professorisés » chaque année…

Un groupe de maîtres de conférences appartenant à la section "Droit, Sciences politiques, Sciences économiques et de gestion" a donc décidé aujourd’hui de mettre en place une « coordination de maîtres de conférences ». Plusieurs objectifs pour cette coordination.

1°) Le débat.

Une véritable réflexion doit être engagée par tous sur la place et le rôle des maîtres de conférences au sein de nos universités.

2°) Les propositions.

Elles doivent émaner de tous et porter sur tous les aspects de la carrière. Comment expliquer par exemple que l’investissement d’un maître de conférences (et ce n’est pas différent pour les professeurs) ne soit jamais pris en compte dans son traitement et l’évolution de sa carrière ? N’est-ce pas là un frein évident au développement de l’Université ? Imaginons un instant qu’un chef d’entreprise tienne ce raisonnement … Ne serait-il pas préférable de réfléchir à un mécanisme de rémunération qui tienne compte de cet investissement ?

Pour conclure, il convient de préciser ce que cette coordination n’est pas :

  • cette coordination n’est pas un syndicat même si, inévitablement, elle sera conduite à formuler des revendications au ministère.
  • cette coordination ne représente aucun courant politique.
  • cette coordination n’a pas pour objet de créer une opposition avec le corps des professeurs mais bien une synergie.

Lancé de manière confidentielle il y a maintenant trois semaines, la coordination se compose d’une petite centaine de personnes. Si vous souhaitez la rejoindre, vous pouvez transmettre vos coordonnées à l’adresse suivante : mcfdroit@yahoo.fr

Si vous souhaitez donner votre avis sur ce projet, n’hésitez pas à laisser un message au bas de ce billet.

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