Le moins que l’on puisse dire, c’est que la récente création d’un Conseil National du Droit a soulevé un vif émoi auprès de nos collègues.
Passons sur la légitimité de ce conseil auto-proclamé pour nous concentrer sur le message porté lors de la réunion du 3 mai dernier : “Cette première rencontre rassemblait des universitaires ...” (B. Teyssié, JCP G, 2007, 159).
AUCUN MAITRE DE CONFÉRENCE PRÉSENT
- Quelle est cette vision de l’Université ? Les maîtres de conférences n’auraient pas leur mot à dire dans les réflexions à venir ?
- Quelle est cette attitude très méprisante qui consiste à se couper de plus de deux tiers du corps des enseignants chercheurs ?
- Faut-il organiser un boycott de toutes nos fonctions hors enseignements pour que les acteurs de ce “Conseil” se rendent compte de l’importance de notre rôle dans l’université ?
Les membres du réseau de maîtres de conférences que nous nous efforçons de mettre en place depuis quelques mois maintenant nous remontent tous la même information : le mépris affiché pour les MCF écartés de cette instance présentée comme un lieu de dialogue est vécu comme une injure qui ne saurait être acceptée.
Notre position est donc claire : nous demandons la désignation dans des délais brefs de maîtres de conférences au sein du Conseil National du Droit afin que cette instance soit véritablement représentative de l’enseignement universitaire.
Un courrier sera adressé en ce sens dans les prochains jours aux professeurs membres de ce conseil mais également à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Tous ceux qui partagent cette indignation peuvent se joindre à cette missive. (mcfdroit@yahoo.fr). Nous remercions par ailleurs l’ensemble des professeurs qui nous ont d’ores et déjà manifesté leur soutien.
D’accord à 200%. C’est une honte.
Nous sommes plusieurs sur Amiens, MCF mais également professeurs, à trouver le procédé peu cavalier. La contestation va s’organiser. L’idée d’un courrier est bonne pour commencer.
Je vous rejoint complètement. Je ne souhaite toutefois que mon nom soit mentionné car je ne tiens pas à finir dame pipi dans ma fac (les victimes de réunions d’attributions de cours comprendront)
J’ajoute que je reroute bien évidemment le lien à tous mes collègues.
Ce n’est pas parce que vous avez pris une boite aux élections d’hier qu’il faut vous la jouer contestation sociale.
Merci pour votre implication. C’est un grand n’importe quoi que ce “conseil” venu d’on ne sait où et sans consultation. Je passe sur la sotte remarque de “bandit”.
Il serait en effet plaisant de voir comment fonctionneraient les Facultés de Droit sans nous (hormis les enseignements bien sûr)
merci
Toujours les professeurs et jamais les maîtres de conférences ! Cette rengaine anime toujours ce site.
Une bonne fois pour toutes : si les enseignants-chercheurs sont divisés en deux corps, c’est parce que les membres du premier ont plus de mérite(s) que les membres du second.
Voltaire aurait écrit “Les bons entendeurs pourront profiter à cette lecture”
@Valérie P
Vous lancez là un fort intéressant débat. Un peu léger sur le plan argumentaire mais qu’importe.
“si les enseignants-chercheurs sont divisés en deux corps, c’est parce que les membres du premier ont plus de mérite(s) que les membres du second.”
Ainsi, il y aurait donc une explication : Le mérite …
Voilà une position bien surprenante et vous avez vous même le mérite de l’avoir exprimée. Après tout, peut-être reflète-t-elle l’avis commun. Nous sommes cependant un certain nombre à ne pas la partager car inscrite dans aucun texte et surtout contraire à bien des réalités universitaires. Il faudrait par ailleurs s’entendre sur le mérite dont vous parlez : de quoi s’agit-il exactement ?
Il est malheureusement à craindre pour vous que “la même rengaine” se retrouve encore et toujours sur ce site.
Cordialement
@valérie
Dans ma fac, je ne vois que rarement un agrégé. A leur décharge, l’activité en cabinet est assez prenante…
Lorsqu’il m’arrive d’en voir un, c’est pour fixer le thème du prochain colloque qu’”il” va organiser. Mes collègues et moi nous tapons les contacts, les invitations, la paperasse, l’administration …
Je me tape toute la campagne de collecte de taxe d’apprentissage dont “il” va décider l’utilisation, j’organise les enseignements du master qu’”il” dirige, j’assure le suivi des mémoires et des stages et enregistre les plaintes d’étudiants qui ne parviennent pas à “le” rencontrer …
Avec tout cela, je continue à publier régulièrement, ce qu’”il” ne fait pas.
Mérite dites vous ?
Une ligne de conclusion à l’attention des coordonnateurs du site pour dire que s’il faut durcir le ton voire les méthodes, j’en suis.
PS : Je compte de nombreux agrégés parmi mes amis. Je suis admiratif de leurs qualités et ils ne se permettraient en aucun cas de dire qu’entre nos deux corps il y a une différence de mérite.
Je ne sais pas s’il est d’usage pour un agrégé de poster sur ce site mais peu importe. Permettez-moi de vous dire combien votre initiative est heureuse. Je ne partage pas le point de vue de Valérie car il y a dans chacun des corps des gens méritants et, à l’opposé, des “erreurs de casting”. L’exclusion des MCF du Conseil national du droit est une ineptie qui à mes yeux ôte toute crédibilité à cette “instance”.
Bravo, continuez. L’université a besoin de gens qui bougent.
Fâcheuse évolution de l’université en vérité. Nous assistons avec une certaine impuissance à la création d’une faille entre les membres de deux corps pourtant amenés à travailler ensembles. D’un côté des professeurs agrégés qui estiment représenter à eux seuls l’Université. Ils la connaissent, ils en ont les clefs et eux seuls peuvent en parler. Ils ont plus de mérite (pour plagier “valérieP”). D’un autre des MCF que l’on dira peut-être chatouilleux de l’ego mais qui appuient quand même où ça fait mal et mettent le monde universitaire face à ses réalités et sans nul doute ses incohérences.
Bravo pour votre site, bravo de pousser au débat, à la réflexion sur notre statut et plus généralement sur l’université.
Seul bémol pour vous chers amis : vous montez en première ligne. Adieu voie longue, bonjour “blacklist”. En êtes vous conscients ? Moi oui. J’ai donc préféré rester anonyme.
Il est à craindre qu’il n’y ait méprise, s’agissant du Conseil national du droit. Certes, il est regrettable que ce qui a été ressenti comme une scission des enseignants en deux castes lors de l’élaboration du “rapport Truchet” soit prolongé dans ce conseil naissant. Mais son objet dépasse très largement celui des seules facultés de droit, et si les représentants de l’université ne sont que des professeurs, d’une part ils ne composent que la moitié environ du conseil, d’autre part l’essentiel d’entre eux sont membres du conseil à d’autres titres que celui de professeur (recteur, conseillers au ministère, doyen, président d’université). En outre, ce conseil national du droit n’a toujours d’autre existence que celle d’une association de fait, ce qui est bien peu.
Je profite de ce passage pour vous féliciter de cette initiative, qui mériterait d’être systématisée (je pense en particulier aux propositions formulées par les commissions). Un rapprochement avec ce que font les politistes (http://ancmsp.apinc.org/) serait-il envisageable ?
Les propos de Valérie P. ne méritent même pas d’être relevés, tant ils respirent la suffisance comme l’insuffisance de son auteur. Ce dernier doit davantage être plaint qu’autre chose, tant sa vision de l’université apparaît étroite et bornée.
Espérons seulement que dernière ce pseudonyme se dissimule un troll, et non le Ministre actuel de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Sinon, ça promet… Lol.
Le Conseil national du droit est une instance de fait qui s’est créée pour jeter un pont entre l’université et les milieux non universitaires. Il se veut un organe d’échanges de vue et de propositions. Ses membres sont les uns des praticiens du droit et, plus largement, des professionnels, les autres des professeurs.
Sans doute l’organe ne compte-t-il aucun maître de conférences. Mais les professeurs qui en sont membres ont, pour la grande majorité d’entre eux, voire la totalité, occupé des postes de responsabilité au sein de l’Université ou du Ministère de la recherche qui leur ont donné l’expérience nécessaire pour débattre des problèmes dont il est question au sein de cette instance. L’absence de maître de conférences au sein de cette instance officieuse s’explique par le fait que ceux-ci n’occupent presque jamais les postes de responsabilité qui les auraient qualifiés pour faire partie de ce conseil. La faute n’en incombe donc nullement aux membres du CND ! Il n’est peut-être pas inutile de suggérer au CND d’accueillir des maîtres de conférences, mais il ne me semble pas qu’il faille interpréter sa composition actuelle comme une volonté d’ostracisme à l’égard de notre corps : je n’y crois pas du tout !
De toute façon, le CND ne me semble pas avoir vocation à débattre du statut des Maîtres de conférences et ce ce sont les thèmes suivants qui doivent, à mon sens, mobiliser ces derniers : leur place à l’Université, dans la recherche comme dans l’enseignement, leurs garanties statutaires que l’autonomie des universités annoncées à grands sons de trompe pourrait mettre à mal, l’évolution de leur carrière et de leur rémunération, leur mobilité.
Merci pour vos messages particulièrement intéressants.
La question de la compétence des membres du conseil n’est nullement en cause. Nous les connaissons tous, nous avons été leurs élèves, travaillons avec eux et sommes un certain nombre à pourvoir dire que c’est un honneur.
Le débat n’est pas là. Ce qui motive la présente contestation c’est qu’il ait semblé si naturel de ne pas se poser la question de la présence des MCF en tant que représentants de l’université. Nous persistons à dire que se priver de la représentation de près de deux tiers des enseignants chercheurs, c’est partir sur de mauvaises bases. C’est également donner aux professionnels du droit une fausse image des réalités de l’université et nous ne pouvons l’accepter. Notre position reste donc la même : la désignation de MCF au sein du Conseil National du Droit et ce le plus rapidement possible.
@MCFdroitprivé. Nous confirmons que Valérie P est bien un troll.
Le CND en est à ses balbutiements (une seule réunion). C’est d’abord un formidable organe (une sorte d’assemblée constituante, hors-la-loi mais légitimée par l’autorité des professions que représentent ses membres) pour faire entendre la voix des juristes sur les questions du recrutement des professions juridiques et judiciaires et la réforme des études de droit en lien avec les praticiens. Les universitaires ne sont qu’un ordre dans cette assemblée qui doit encore établir son statut.
Je ne pense pas que l’absence de MCF soit délibérée ni même un acte manqué de dédain à l’égard d’eux. C’est un oubli. Lors de la première réunion, il a été constaté que les huissiers et la gendarmerie avaient été oubliés aussi… Ce sera sans doute réparé car des ajustements sont forcément nécessaires.
Les pères du CND (Didier Truchet et Bernard Teyssié) ont cherché à représenter toutes les professions, jusqu’aux métiers du chiffre (commissaires aux comptes). Même Science Po Paris (l’ennemi juré en ce moment…) est là. Pour l’université, ils ont cherché à représenter les disciplines (privé, public, histoire du droit). Pour ce faire, ils ont choisi des personnes qui ont travaillé au ministère. J’aurais bien aimé y être mais je n’ai jamais occupé ce genre de responsabilité !
Au total, nulle déclaration de guerre contre les MCF, à mon sens. Mais la composition du CND pourrait être utilement ajustée en vue de la prochaine réunion en octobre.
Bonjour à tous,
- Quels sont les critères du C.N.U. pour être “qualif” (grande expression universitaire des doctorants) ?! A cette question, je met au défi n’importe quel M.C. de répondre, a moins que … un volontaire ?
- Deuxième petite question, combien de thèse qualifiés péjorativement de “pro” ont été “qualif” cette année ? (Je ne parle pas evidemment des thèses parisiennes qui ont forcément une présomption simple de qualif)
- Petit constat sommaire, et oui les agrégés sont occupés par des cabinets d’avocats ou autres… Pourquoi ? Simplement parce qu’ils connaissent la réalité du marché, à 500 € l’heure de consultation pour certains, je pense que ca doit être relativement vrai.
La dissertation sur “le sexe des anges” pour etre qualifié semble n’interesser que les universitaire.
- Combien de M.C. connaissent le marché du travail ? Dans la fac ou je suis je ne m’avance pas en annoncant un chiffre inferieur à 5 (j’exagère, le Sud… surement 2)
- Alors, quand le CNU aura une vision réelle des besoins des sociétés ou des administration, alors oui, peut etre, les M.C. retrouveront du crédit… Mais d’ici la, l’agrégation me parait etre la meilleur solution pour ceux qui ont un peu plus d’ambition…
- Dernier constat personnel à mon sens, il serait bon pour beaucoup d’enseignants de ne pas revenir directement à l’école après les études, mais de voir un peu autre chose que l’école et l’université…
@Patrick Morvan
Merci d’avoir pris le temps d’apporter ces importantes précisions. Nous pensons effectivement qu’il s’agissait d’un oubli et qu’il avait fort peu de chance d’être réparé si nous n’avions pas attiré l’attention sur ce point.
@Laurent
Nous laissons à ceux qui le souhaitent le soin de réagir à votre message et notamment ceux siègent au CNU.
Sur votre formule “l’agrégation me paraît être la meilleure solution pour ceux qui ont un peu plus d’ambition” : il s’agit sans doute de votre part d’une mauvaise connaissance des règles du jeu universitaire.
@Laurent.
J’ai exercé comme avocat un bon nombre d’années avant de devenir mcf et de cesser en conséquence d’exercer. Je n’ai pas l’impression que cet acquis professionnel m’ait été d’une quelconque utilité dans ma carrière universitaire. Ce ne sont pas seulement les maîtres de conférences, mais aussi les professeurs, tout autant, qui sont insuffisamment au fait du monde du travail.
Vous dénoncez le flou des critères du CNU pour être qualifié maître de conférences. Personnellement je ne trouve pas les critères de l’admission au concours d’agrégation plus clairs et plus fiables.
Je n’ai pas l’impression que les agrégés aient une meilleure connaissance du marché du travail que les maîtres de conférences. Rien ne les qualifie davantage que ces derniers à ce sujet, le concours d’agrégation externe étant une suite d’épreuves fort académiques. Le fait de facturer ses services 500 € de l’heure n’est quand même pas la preuve d’une connaissance du marché du travail, ni d’un quelconque mérite !
L’exercice de la consultation, dont les aspects pernicieux ont été naguère dénoncé par Jean-Denis Bredin lui-même (mél. Hébraud, je crois), en est la parfaite illustration. Combien de fois ai-je parcouru des consultations d’agrégés qui, pour bien documentées qu’elles fussent, étaient éloignées des réalités pratiques et apparaissaient largement, voire purement de complaisance !
Les cabinets d’avocat qui, dans des litiges démarchent des agrégés, pour obtenir une consultation, cherchent surtout à développer une batterie d’arguments en s’abritant derrière un nom, sans trop se préoccuper de la pertinence de ces arguments.
Chercher à “arrondir ses fins de mois” en délivrant des consultations n’est pas nécessairement illégitime. En revanche, il est anormal que certains triplent ou quadruplent leur salaire en multipliant les consultations, au détriment, fatalement, de leurs obligations universitaires. Une réglementation destinée à éviter certains excès serait, à cet égard, souhaitable.
J’avoue avoir hésité à prendre le clavier, je fais partie de ces Maîtres de conférences qui, pour des raisons personnelles, bonnes ou moins bonnes, se satisfont de leur situation mais je reste consciente de l’importance du débat qui s’ouvre aujourd’hui. Alors juste une réflexion… Même si l’absence de MCF au sein du Conseil national du droit ne provient que d’un oubli, cette attitude traduit toute la difficulté de reconnaissance de cette catégorie d’enseignants-chercheurs. Demander à être reconnu ce n’est pas nier l’existence des deux catégories Maîtres de conférences et Professeurs. Cette distinction existe, elle est le fruit de deux parcours distincts et je l’admets (peut-être plus facilement car je n’ai pas eu à en souffrir) mais elle ne justifie pas aujourd’hui une telle différenciation, une telle absence de reconnaissance et encore moins une attitude de mépris qui consiste à remettre en cause le mérite de l’ensemble des MCF.
Par ailleurs, je souhaite apporter mon soutien à ceux qui se lancent dans le débat pour tous les autres sans se cacher derrière un pseudonyme. Bien que n’ayant pas eu à prendre la place de « Dame pipi », je reste anonyme. Par facilité, par peur de froisser, de perdre le confort acquis… par lâcheté peut-être, j’attends de voir dans quel sens le vent tournera.
Bonjour,
Tant mieux finalement que le CND ait été créé puisqu’il permet de lancer, enfin, un débat qui ne cesse d’alimenter, quoi qu’on en dise, les couloirs des facultés (du moins entre MCF). Autant qu’il se développe au niveau national, même s’il nécessite pour cela de passer par la voie de l’anonymat… Constatons d’ailleurs que les professeurs n’hésitent pas à se nommer au contraire des MCF. Pour ma part, je prend le risque mais j’ai aussi la chance d’être dans une fac où les risques de devenir “dame pipi” sont faibles.
Pour répondre à Patrick Morvan et, en même, temps abonder dans le sens de Félicie, il ne s’agit pas, au travers de ce débat, de déterrer la hache de guerre mais simplement de constater que le système tourne quasiment exclusivement autour des Professeurs agrégés (certains n’hésitant pas à préciser “du premier concours”… si, si).
Pour m’être entendu dire que je pouvais diriger un mémoire, mais pas le faire soutenir sans la présence d’un Prof malgré mon HDR, pour me voir exclu de soutenances de thèse au motif que je “pénaliserai” le candidat par ma seule présence dans le jury, je pense qu’il y a de quoi réfléchir… Et il ne s’agit là que de quelques exemples (véridiques)
J’ai sans doute mes torts et suis tout prêt à les assumer. En attendant, la “démotivation” est en marche…
Bonjour
Soutien en effet à votre protestation de principe sur la non-association des MCF au CND. Quoiqu’on pense du CND et quelle que soit la pertinence de telle ou telle remarque cherchant à “expliquer” cette absence, il reste que stratégiquement (à l’interne: égards vis à vis de l’ensemble du corps des enseignants-chercheurs comme à l’externe), c’est une grosse erreur. Espérons que votre réaction aura des effets sur ce point!
Cordialement
SHV prof. P12
Vite fait avant de partir en surveillance “pour” un prof… qui a découvert ce matin qu’il ne pourrait pas être présent à 13h00… une urgence sur un dossier… ça ne s’invente pas (pour les tatillons de l’orthographe et de la grammaire, il n’y aura donc pas de relecture)
“Valérie P.” ? … je pense à quelqu’un.. si c’est le cas… c’est la plus grosse blague du monde… elle… “du mérite” !
Signé un maître de conférences…
…autant dire un c.. qui… comme l’a déjà écrit quelqu’un… organise les enseignements d’un Master 2 dont il n’est pas directeur, monte les colloques dont il n’est pas responsable, suit la publication des mêmes colloques alors qu’il n’apparaîtra pas sur la couverture bien évidemment, fait son service (ce qui dans certaines facultés parisiennes est un exploit chez les professeurs qui consultent, plaident, grouillent en cabinet minstériel ou plus généralement glandent royalement dans le bureau du Centre qu’ils font semblant de diriger), etc, etc.
Au fait je suis tellement c.. que j’ai été deux fois admissibles at THE concours, mais l’intelligence a toujours été du côté des fils, filles, neveux, nièces, filleul de profs ou du côté d’anciens thésards d’un membre du jury ou de MCF enseignant dans la même fac qu’un membre du jury… l’intelligence est très selective en notre monde universitaire. Ayant définitivement pris conscience de mon absence de mérite j’ai décidé d’en rester là… et j’envisage de répondre aux appels répétés d’une Université outre-Atlantique…
Dernière précision pour l’auteur d’un mail ci-dessus… je suis de droite (je n’ai donc pas pris “de boite aux élections”), si cela veut encore dire quelque chose !
Bon courage
Je précise concernant le concours d’agrégation qu’il y a néanmoins d’excellents candidats “atomes libres” qui obtiennent le concours. Le problème est que les candidats “atomes libres” jouent en réalité sur une très étroite fenêtre (5 postes sur 30 ?)… le reste étant “chasse gardée”…
Je souscris pleinement aux propos de mon collègue Patrick Morvan. Je regrette que le CND suscite de pareilles réactions au moment où les facultés ont plus que jamais besoin de serrer les rangs.
Derrière tout cela, finalement, on retrouve le (vieux) débat sur la “légitimité” de l’agrégation.
Pour répondre à Gaston, on ne m’enlèvera pas de l’idée que les modalités de recrutement des maîtres de conférences sont nettement moins transparentes que le concours d’agrégation ! On plaisantera tant qu’on voudra, mais l’agrégation requiert trois leçons (que l’on peut critiquer ou plaisanter aussi, mais qui existent et ne peuvent pas ne pas donner une idée des aptitudes pédagogiques des candidats), quand le recrutement des maîtres de conférences, mise à part la qualification, n’impose finalement qu’un entretien… Evidemment l’agrégation n’est pas parfaite : la preuve, je n’ai pas la chance d’être harcelé, pour ma part, par une quelconque université outre-antlantique !
Chers collègues
J’interviens sur votre excellent blog pour vous féliciter de votre travail en faveur des MCF et par conséquent de l’université.
J’ajoute que s’agissant du CND j’ai bon espoir que dès la prochaine réunion, des MCF seront représentés à côtés des PR. Ce sont deux acteurs importants de la vie universitaire et à l’heure des défis importants, il est plus qu’urgent de se rassembler
A la suite de la lecture de votre blog, j’ai relayé ce débat sur mon nouveau blog http://leblogdehugueskenfack.blogspirit.com
A très bientôt sur nos blogs respectifs et merci pour tout.
M. Houtcieff, vous défendez vigoureusement, une nouvelle fois, le concours d’agrégation, après que vous l’avez fait sur votre blog sous un titre bien provocateur. Libre à vous ! Et libre à certains de vos lecteurs d’émettre quelques remarques sur vos propos.
Tout d’abord, vous vous bornez à affirmer que les modalités d’organisation du concours d’agrégation sont plus “transparentes” que celles du recrutement des maîtres de conférences : on attend toujours vainement, de votre part, ne serait-ce qu’un embryon de démonstration, aux lieu et place de postulats convenus et d’une intime conviction auto-proclamée d’appartenir à une élite ! On risque d’attendre d’ailleurs longtemps cette démonstration, car les postulats sont, par essence, indémontrables, si discutables qu’ils puissent être quelquefois…
La part du hasard dans le concours d’agrégation saute aux yeux de n’importe quel esprit non prévenu : dans l’appréciation des travaux du candidat, dans les sujets donnés, dans l’équipe formée pour la leçon d’agrégation en vingt-quatre heures, etc…, etc…
Ensuite, votre manière, dans votre message ci-dessus, de jeter implicitement le discrédit sur le recrutement des maîtres de conférences n’est pas très agréable pour ces derniers, pour s’appliquer à demeurer dans un registre courtois.
Personne ne conteste qu’il est deux catégories d’enseignants-chercheurs, les maîtres de conférences, d’une part, et les professeurs de l’autre, ni la place éminente de ces derniers et le fait qu’ils soient nettement mieux payés – On pourrait néanmoins payer un peu plus correctement les maîtres de conférences sans porter atteinte, me semble-t-il, au prestige de l’université. Les différences existant entre les deux corps ne sont cependant pas une raison pour traiter avec condescendance les maîtres de conférences, dont beaucoup accomplissent avec dévouement leurs fonctions au sein de l’Université et qui sont, dans nombre de petites facs de province, l’épine dorsale de l’établissement.
Pour en revenir au sujet de cette discussion, je me permets de rappeler incidemment que, pour ma part, la composition du CND ne me choque pas, malgré l’absence de maîtres de conférences, tant qu’il agit comme organe de réflexion et non comme groupe de pression. En effet, ce n’est pas en qualité de professeurs que les universitaires cooptés y figurent, me semble-t-il, mais à raison des fonctions qu’ils ont occupées, soit dans des ministères, soit dans des universités. Il n’est peut-être pas inutile de suggérer que des maîtres de conférences puissent assister aux réunions de cet organe : je m’en remets à la sagesse des auteurs de la démarche indiquées ci-dessus, et je confesse n’avoir pas d’opinion très arrêtée sur la question ; mais, ainsi que l’ont souligné plusieurs intervenants ci-dessus, notamment MM. Dumont et Morvan, l’objet dudit organe ne semble nullement de fomenter une réforme de l’université en en tenant à l’écart les maîtres de conférences.
n.b. le dernier paragraphe de cette intervention étant largemenent une répétition de ce que j’ai écrit plus haut et n’étant motivé que par le souci de prévenir toute ambiguïté, le modérateur pourra, s’il le souhaite, l’effacer.
pardon de rectifier mon adresse blog http://leblogdehugueskenfack.blogspirit.com
merci beaucoup
Cher Collègue,
Je précise – mais c’est aussi une répétition – que je n’ai rien contre l’idée que des maîtres de conférences figurent dans le CND, dont la composition n’est pas arrêtée. Pour le reste, je ne pense pas que l’on puisse raisonnablement penser que le mode de rectrutement des maîtres de conférences n’est pas perfectible (je précise ici que j’ai été maître de conférences). Le “localisme” me paraît un problème plus grave que le prétendu favoritisme à l’égard de certains candidats à l’agrégation. Ce favoritisme est d’ailleurs aussi un “postulat convenu” qui mériterait d’être démontré. J’ajoute que je suis persuadé, comme vous semble-t-il, que l’agrégation ne mesure pas les compétences des candidats, mais démontre simplement l’aptitude à la réussir…Certes, il me paraît difficile de convaincre des qualités de l’agrégation ses plus farouches détracteurs, d’autant, je l’ai déjà écrit aussi, qu’elle n’est pas parfaite. Il reste que, en soi, le fait pour un jury unique d’écouter un candidat sur un sujet qu’il a préparé sous forme de leçon n’est pas une idée dénuée de sens. … L’essentiel est ailleurs : je persiste à croire que le moment n’est pas venu, pour les Professeurs et les Maîtres de conférences, de s’opposer ; la création du CND ne doit pas être l’occasion d’un conflit. Comment exister face aux autres si nous nous divisons nous-mêmes?
Merci aux différents intervenants.
Petite précision : le débat que nous avons lancé ici ne concerne pas la légitimité de l’agrégation.
Il existe aujourd’hui deux catégories d’enseignants chercheurs et nous regrettions simplement qu’elles ne soient pas présentes au sein du CND.
L’appel lancé sur ce blog a semble-il été entendu si l’on s’en tient à la quantité de mails reçus. Nous remercions au passage les professeurs qui ont contribué à la discussion et nous réaffirmons ici qu’il n’est nullement question d’opposition, bien au contraire. C’est d’ailleurs ce qui rend la composition de la commission Truchet et du CND plus difficile à comprendre.
Les difficultés relatives au recrutement des MCF et des professeurs agrégés feront l’objet de discussions ultérieures.
@dimitri houtcieff
“On plaisantera tant qu’on voudra, mais l’agrégation requiert trois leçons (que l’on peut critiquer ou plaisanter aussi, mais qui existent et ne peuvent pas ne pas donner une idée des aptitudes pédagogiques des candidats), quand le recrutement des maîtres de conférences, mise à part la qualification, n’impose finalement qu’un entretien… Evidemment l’agrégation n’est pas parfaite : la preuve, je n’ai pas la chance d’être harcelé, pour ma part, par une quelconque université outre-antlantique !”
On ne s’en lasse pas !
A lire cette prose, deux conclusions :
- Seuls les professeurs savent enseigner puisque les maîtres de conférences sont quasiment tirés à la courte paille…
- Dans ces conditions il évidemment purement scandaleux qu’une université américaine s’adresse à un mcf et non à un professeur… d’ailleurs il faudrait que tous les mcf recevant de telles propositions doivent obligatoirement se désister au profit d’un professeur… chacun à sa place que diable !
Merci pour cette bonne rigolade, ça me fera des souvenirs outre-atlantique…
Il faut d’ailleurs croire que les professeurs allemands n’offrent pas des garanties de compétence en matière d’enseignement et de recherche équivalentes à celles de leurs homologues français et que, partant, il nous faut singulièrement nous en défier : lol.
En effet, le concours d’agrégation du supérieur n’existe pas outre-Rhin : c’est sur travaux publiés, que les professeurs sont localement recrutés.
Attention : je ne dis pas que le système allemand n’a pas, par ailleurs, de graves défauts, hein ! En effet, nombreux sont les privat docent (l’équivalent de nos mcf), parvenu à un âge respectable, à rester, hélas pour eux, sur le carreau, malgré leur thèse et des publications. Par ailleurs, la pression pour publier régulièrement et intensément est très forte, ce qui entraîne fatalement des effets pervers, l’abondance de publications n’étant pas nécessairement signe de leur qualité.
A la suite de ces échanges très intéressants, et puisque nous sommes entre nous, je livre deux idées “brutes de décoffrage” qui synthétisent ma pensée, aussi primaire que profonde et même de plus en plus ancrée à mesure que les années passent :
- parmi les professeurs agrégés, mes collègues, il y a beaucoup d’esprits brillants, ce qui révèle à mon sens la qualité du concours. Et puis il y a une frange de parasites de la fonction publique qui, sitôt agrégés, ont immédiatement considéré qu’ils avaient atteint le sommet de leur carrière, sans réaliser qu’elle ne faisait que débuter et qu’ils étaient des points minuscules vus depuis Sirius. L’université pratiquant l’auto-glorification et les rites monarchiques, cet état d’esprit peut perdurer indéfiniment. Je connais ainsi un collègue, en classe exceptionnelle (imaginez le traitement en fin de carrière), qui, dans sa tête, est à la retraite depuis 30 ans : même les étudiants les plus nuls trouvent ses cours nuls. Il ne publie rien depuis toujours. Mais il a une haute idée de sa fonction et de son prestige. J’abhorre ces gens là qui offrent sur un plateau aux universitaires des autres disciplines les arguments en faveur d’une suppression de l’agrégation. Sans une évaluation continue des travaux de recherche tout au long de la carrière, le titre de professeur d’université ne peut être que usurpé. Tous les 5 ans, une université devrait pouvoir congédier ces éléments parasites qui ont le “principe d’indépendance des professeurs d’université” plein la bouche (l’équivalent du dogme de l’indépendance de la magistrature dans la bouche des juges qui ont soutenu Burgaud).
- parmi les MCF, notamment ceux que je prépare bénévolement depuis des années à l’agrégation à Rennes (où je ne suis plus prof depuis 4 ans !), j’ai rencontré des gens remarquables. Je connais des MCF qui sont meilleurs spécialistes que moi dans mes propres domaines de prédilection. Mais il y a, là aussi, des personnages qui usurpent leur place dans la fonction publique. La cause du mal est facile à reprérer : le localisme. Ces enseignants (rarement de qualité) sont aussi peu désireux d’écrire une ligne que les professeurs précités ou de participer ne serait-ce qu’à un colloque.
La fracture ne devrait pas être située entre profs et MCF (c’est une déchirure douloureuse) mais entre les travailleurs et les profiteurs. C’est d’ailleurs celle qui transparaît sur ce blog où les convergences de vues sont nombreuses et où l’envie de rénovation est tangible.
Quelqu’un aurait-il une idée révolutionnaire (qui ferait bien sûr scandale) afin d’identifier les handicapés de l’écriture ?
@ Gaston. Oops ! J’avais manqué la réponse de mon collègue aigri. Tant pis et bon vent, je me félicite que son sens de l’humour s’exporte!
Pour le reste, je partage les grands traits de l’avis Patrick Morvan. Je ne suis pas certain qu’il soit très difficile d’identifier les collègues qui n’écrivent pas, tout comme il est aisé de savoir qui écrit. Je ne suis pas certain non plus, cependant, qu’il soit bon de se lancer dans une chasse aux paresseux.
Une période probatoire pourrait en revanche être instaurée à l’avenir – un stage, en somme. L’inconvénient serait triple cependant : d’une part, il restera la vie au-delà du stage. A moins évidemment, et pourquoi pas, que ce stage soit perpétuel. De deuxième part, il faudrait s’assurer de la compétence de ceux qui évalueront le travail et de la pertinence des critères d’évaluation (l’argument est classique : quis custodiet ipsos custodes?): au moins, il faut espérer que le juges seront des juristes – ceux qui ont déjà assisté à un conseil scientifique me comprendront surement -… Enfin et de troisième part, j’imagine sans peine le raidissement de mes collègues – peut-être même le mien – à l’idée d’être évalué.
L’idée du stage me paraît bonne, mais elle mérite d’être affinée. Il est vrai que d’ici là, les présidents d’université disposeront du pouvoir de refuser les recrutements…
Je trouve que les deux interventions précédentes mettent trop l’accent sur l’activité de publication dans l’évaluation des mérites d’un enseignant chercheur, maître de conférences ou professeur.
D’une part, en effet, il est des enseignants chercheurs qui publient très peu, voire pas, et qui sont des modèles de pédagogie et de conscience professionnelle : j’ai de nombreux exemples à l’esprit.
Inversement, il est des enseignants chercheurs qui publient beaucoup, et dont les écrits sont même de qualité, et qui se moquent de l’enseignement, de la pédagogie et de l’université. D’autre part, une activité intense en publication n’est pas toujours un signe de qualité.
Je vais me permettre de citer deux noms, ceux d’un commercialiste et d’un civiliste. Si l’auteur de ce blog considère que je vais trop loin, il pourra toujours censurer ce passage. (NDLR : Par correction, nous avons simplement supprimé les noms des personnes que vous mentionnez)
M. X était un remarquable juriste en droit bancaire et en droit des effets de commerce, notamment.
Ses polycopiés en la matière sont admirables par la clarté et la rigueur de l’analyse juridique. Ils demeurent des modèles du genre, bien qu’ils soutiennent un peu trop souvent des thèses “pro-banque” et que certains passages soient parfois un peu trop inspirés d’autres ouvrages, notamment feu le Ripert et Roblot, aujourd’hui Ripert, Roblot, Germain et Delebecque, je crois. Il a écrit aussi des articles remarquables, sur les droits du porteur d’une lettre de change, sur le chèque sans provision, sur la garantie à première demande, par exemple.
Il dispensait ses cours trois heures d’affilé chaque semaine, le samedi matin, dans un amphithéâtre vide, où il se bornait à lire son cours, qu’il n’avait visiblement pas révisé avant de venir. C’était soporifique.
Sa manière de concevoir les séances de travaux dirigés, à supposer qu’il en ait eu une, aurait écoeuré n’importe quel étudiant de licence ou de maîtrise en droit des affaires : des appels répétés et fastidieux à connaître l’intégralité d’un cours surdimensionné, aucune prise à la réflexion dans des fiches rendant pratiquement impossible l’épanouissement intellectuel.
Il semblait se désintéresser de l’enseignement et ne guère se soucier de ce qui pouvait se passer en td, et consacrait sans doute davantage de temps à la consultation qu’à l’université.
Je n’aurais pas l’audace de prétendre qu’il n’avait pas sa place à l’Université. Mais j’en connais qui ont beaucoup moins écrit que lui et dont le dévouement aux étudiants était bien plus manifeste, et qui ont joué un rôle bien plus important dans la formation de générations d’étudiants. Pourtant, avec les critères avancés par les deux intervenants précédents, il aurait bien plus mérité sa place à l’Université.
M. Y Rémy publie peu, surtout depuis qu’il a abandonné la chronique de contrats spéciaux de la Revue trimestrielle de droit civil, il y a de cela déjà pas mal d’années. Pourtant nul ne contestera que ses articles sont fondamentaux. Quand on lit son article à la RTDC 1997 sur la responsabilité contractuelle envisagé comme un mode de paiement par équivalent, on peut être d’accord ou non avec ses thèses. Mais le profond travail de réflexion et la rigueur des explications forcent l’admiration. Pourtant si on décide une évaluation par l’activité en publications, tel autre enseignant publiant beaucoup plus pourrait être considéré comme satisfaisant davantage aux exigences de sa mission. Et, en effet, si on met en place des mécanismes d’évaluation des publications, il y a fort à parier que, faute de compétences suffisantes de l’organisme évaluateur, la quantité de publications compte bientôt davantage que la qualité. C’est précisément la dérive à laquelle on assiste au Royaume-Uni et en Allemagne, où l’activité en publication des enseignants chercheurs fait l’objet d’évaluation par des tiers.
Les enseignants chercheurs sont aussi des enseignants, ne l’oublions pas ! Or la qualité de l’enseignement dispensé est très difficilement susceptible d’une évaluation objective, bien plus encore que l’activité de publication.
Une petite réforme que j’appellerai personnellement de mes voeux, plutôt qu’une chasse aux parasites qui risque de se transformer en chasse aux sorcières : réglementer, sans l’interdire, l’activité de consultation des professeurs. Il me semble légitime que les professeurs consultent, voire qu’ils soient inscrits au barreau. Mais il me semble souhaitable que leur activité de consultation demeure dans des limites raisonnables. On ne peut qu’être choqué de voir certains rivaliser pour accéder au top 10 des universitaires les mieux payés et battre la campagne pour glaner çà et là le plus de consultations possibles. Une activité débordante de consultant ne peut se faire qu’au détriment de la rechercher et, surtout, de l’enseignement. On pourrait très bien prévoir qu’un enseignant-chercheur ne pourra percevoir de gains au titre de ses interventions extérieures à l’université, d’un montant supérieur à un certain plafond ou à un certain pourcentage de son traitement. Une telle mesure obligerait déjà quelques-uns à l’observation d’un minimum de décence.
[...] manquer la publication du décret relatif au Conseil National du Droit. Dans un précédent billet, nous dénoncions l’absence de Maîtres de conférences au sein de cet organe. En retenant l’expression d’”enseignants-chercheurs” le législateur évite [...]
Ayant eu M. Y (sic) Rémy comme professeur, je puis attester qu’il était un remarquable enseignant ayant marqué des générations d’étudiants poitevins. Il est encore intervenu récemment comme membre d’un jury de thèse.
Ceci étant, ce qui peu choquer c’est l’absence totale de publication de certains enseignants-chercheurs pendants plus de 20 ans. Le critère quantitatif reste pertinent quand il mesure le vide. Pour le reste, je suis tout à fait d’accord pour dire que ce n’est pas la quantité qui permet de mesurer la qualité.
Je suis MCF, HDR
Ds ma fac (comme partout je présume) il y a une réunion pour déterminer la liste des professeurs invités. L’un de mes amis, professeur ds une université canadienne de renom, souhaitait être invité à enseigner quelques temps (2-3 semaines comme c’est l’usage) chez nous.
La réunion pour déterminer la liste des invités a été réservée aux seuls professeurs ! Il m’a été dit que pour inviter quelqu’un il me suffisait de donner son nom à un professeur qui se ferait un plaisir d’être l’invitant… MCF = mort civile.
Résultat des courses… je n’ai pas proposé de nom et notre collègue ne viendra pas… par contre, ironie, il a proposé mon nom pour que je sois invité pd 2 semaines dans son université, cela a été accepté…
Vriament raz-le-bol de ce comportement des “êtres supérieurs” (qui ont d’ailleurs invité d’obscurs profs d’obscures facs… situées au soleil… à charge de revanche) !
je suis MCF, et ce message va sans doute me faire passer pour un ignoble traître ! Je lis beaucoup de mes collègues qui s’indignent que les profs agrégés soient beaucoup mieux traités et considérés que les MCF, ce qui est un fait incontestable. Mais n’est-ce pas finalement légitime que ceux qui ont préparé longuement, et réussi, un concours très difficile, soient mieux considérés que ceux qui ont réussi un concours moins difficile et pour lequel on n’a rien à faire (si ce n’est poster sa thèse) ?
Quelle est (sont) la (les) justification(s) à l’existence de deux statuts pour le corps des enseignants-chercheurs ?
Si quelqu’un peut répondre sérieusement (…)
@Nicolas le grand
aucune.
Le maintien de la distinction ne s’explique que par la volonté de de se tailler la part du lion, de monopoliser les responsabités scientifiques, particulièrement éditoriales, par la volonté d’apparaître sur la couverture des ouvrages, seul ou parfois en compagnie d’autres professeurs, de ne laisser délibérement aucun espace aux MCF, et naturellement de continuer à être membre d’un certain concours en déclin, l’agrégation car il faut bien perpétrer le système.
Et dans la série des tabous qu’ils faut lever et qui fâchent : alors que les MCF publient, sachant qu’ils sont sous étroite surveillance et rien ne leur sera passé, pourquoi jamais aucun repoche (esprit de corps oblige, ou plutôt de caste) à propos des agrégés qui ne publient pas ou très peu depuis qu’ils ont eu le concours à tel point qu’on en oublie qu’ils sont agrégés ?
La distinction des corps s’essoufle et n’a plus de légitimité ( certainement en lien avec les conditions de déroulement du concours d’agrégation). Il ressort que le corps des MCF sera supprimé a terme et absorbé, comme c’était le cas par le passé, par celui des Professeurs.;
Mais, l’information ne remonte pas assez auprès des collègues qui ne sont pas toujours au fait de l’avancement du projet.
Question :
Au delà de la question de la distinction sur le plan scientifique ou pédagogique qui ne veut plus rien dire, est-ce normal que deux enseignants chercheurs qui ont les mêmes obligations de service soit 128 heures de cours, n’aient pas le même indice de traitement.
La réponse est non.
Au jeu des questions -réponses, quelqu’unes font état de situations ordinaires toutes symptomatiques du plus grand mépris de certains Pr envers les MCF. Depuis le scandale de la composition du CND, rien n’a changé :
Est-ce normal qu’ à la remise de Mélanges, le directeur de l ‘UFR invite uniquement les Pr de l’UFR et oublie les MCF
Réponse : non ( et bonjour le malaise le lendemain dans la dans les couloirs de l’université).
Est-ce normal qu’un directeur d’UFR organise pour la répartition des services chaque année, inlassablement et en catimini, des bi-réunions : une première réunissant exclusivement les Pr qui choisissent tranquilement les cours. Et une seconde, tardive naturellement, réunissant les MCF qui récoltent ce qui reste. (La haine!)
Réponse : non.
Est-ce normal que, sous prétexte qu’un Pr vient d’être tout récemment nommé à la mutation sur une certaine université , un MCF ( je l’ai eu hier soir au téléphone très très en colère) voit un cours qui lui avait promis depuis des lustres , lui échapper et être attribué au nouveau Pr
Réponse : non
Voilà un florilège des rapports exceptionnels qu’entretiennent les membres de la communauté universitaire, une communauté composée majoritairement de MCF et minoritairement de Pr.
C’est ce qui s’appelle l’oligarchie.
Et surtout lorsque chacun sait que le concours d’agrégation est vraiment jouable sur 1 à 5 postes sur les 26-27 , le reste est réservé.
Mais, l’oligarchie est toujours surmontable. Beaucoup de Mcf le démontrent . Et les Prof. le savent.
Concernant la part des MCF dans le fonctionnement des universités, nous savons tous que de nombreuses universités fonctionnent grâce à eux.
Qui peut le nier aujourd’hui ? un exemple parmi tant d’autres.
Dans une université du Nord-Ouest de la France, à 30 minutes de la côte Atlantique , ce sont les maîtres de conférences qui font tourner la maison. Ce ne sont même pas les MCF qui le disent ( ils devraient d’ailleurs s’en glorifier), les informations circulent parmi même les étudiants, notamment de M2, des diplômes qui ne sont assurés que grace aux MCF, les professeurs soucieux trop souvent d’accomplir leurs parcour personnel. Certes, ils portent leur nom sur la maquette du M2 car c’est important pour le CV mais on les voit plus. Ce sont les MCF qui assurent. La réalité est parfois dure à admettre.
Alors lorsque Mr Truchet avait “oublié” de nous faire participer au CND , acte manqué maladroitement récupéré par l’arrêté, on s’interroge et on se demande si cet émiment professeur vit parmi les universitaires …
Chers amis,
N’est-il pas venu de fédérer un vaste mouvement des MCF pour faire porter notre voix. Il est indéniable que beaucoup de facultés de droit ne fonctionnent souvent que grâce à des MCF sans retour et sans considération. Les exemples sont multiples et ils ont été relevés ici. Combien de nos collègues ne publient rien et jouissent du prestige qui sied aux agrégés…..
Il est temps que cela change.
Cordialement,
MCF 02, deux fois admissibles à l’agreg…..(maintenant ça suffit!)
De nombreuses rumeurs font à nouveau état de la suppréssion de l’agrég…
Quelqu’un aurait-il des informations un peu plus précises que de simples bruits de couloirs ? (au demeurant, mille fois entendus).
De nombreux MCF sont indignés par ce manque et reconnaissance. D’ailleurs, lorsque deux MCF se rencontrent ils parlentde ce mépris et cette ignorance. Il suffit en effet qu’un mouvement donne voix à cette colère sourde …
L’action la plus efficace est tout simplement de s’imposer face aux Pr.
En effet, les initiatives et actions individuelles mais aussi celles menées collectivement sur le plan de l’enseignement et de la recherche sont autant d’obstacles qui se dressent devant cette volonté perpétuelle de déconsidérer les Maîtres de conférences.
Il faut, comme savent le faire excellemment les PR entre eux, donner une visibilité et un écho à nos activités, pédagogiques ou scientifiques, et créer une solidarité de fait et un esprit de corps. Donner une reconnaissance à un collègue MCF a un effet papillon car cette reconnaissance rejaillira sur le corps des MCF, et donc sur nous-mêmes.
Voici quelques « règles » professionnelles élémentaires que certains MCF, dont je fais partie, ont décidé d’adopter depuis quelques mois en quise de riposte :
- lorsqu’un ou plusieurs MCF sont à l’initiative d’une manifestation scientifique (colloque, journée d’étude, .table ronde …), ils doivent inviter un maximum de MCF.
- lorsque des MCF viennent à diriger des ouvrages (comme c‘est le cas pour moi avec un collège actuellement), un nombre suffisant de MCF au même titre que les Pr doivent pouvoir écrire une contribution.
- Lorsque nous publions nos articles ou études, ne pas hésiter à citer au maximum les travaux des MCF qui sont d’égale qualité à ceux des PR.
- Lorsque chaque année, les bibliothèques ou nos labo nous demandent de nouvelles références bibliographiques, toujours proposer les ouvrages qu’écrivent des MCF.
- Lorsqu’un MCF est membre d’un comité éditorial, il doit privilégier les écrits des MCF, toujours bien entendu dans le respect des exigences scientifiques requises par la revue.
- Lorsqu’un MCF dirige une thèse, il doit demander à un autre MCF d’être membre du jury et au mieux d’être rapporteur si le MCF est hdr.
- Sur le plan pédagogique, occuper le terrain, décrocher les cours importants, informer les collègues MCF de cours vacants, ou ceux qui sont prêts à être libéré, faire passer l’information, penser toujours à un MCF et proposer son nom si l’on veut abandonner un cours, accepter de codiriger un M2 sachant qu’à terme le M2 vous reviendra car le Pr s’en désintéressera ou trop occupé par son cabinet.
Voilà. En somme, faire exactement ce à quoi se livrent les Pr depuis toujours. Mais, aujourd’hui, la donne a changé et ce? pour deux raisons : les blogs sont apparus et devenus un appui important pour les MCF afin de donner un écho à leur demande de reconnaissance. Par ailleurs, la génération actuelle de MCF est tout simplement moins docile, plus rebelle face au rapport distant ou paternaliste qu’établit la grande majorité des Pr.
Car au fond, ce qui sépare un MCF d’un Pr n’est-ce pas l’agrégation ? Or nous avons tous compris aujourd’hui, sauf à vivre sur Mars, que l’agrégation, complètement délégitimée, est devenue un concours hautement relatif et contingent pour rester courtois …
La critique, le débat et la “riposte” pour reprendre le terme de “S’imposer” sont non seulement sur le site Maîtres de conférences dont nous saluerons jamais assez la qualité d’écoute, mai aussi sur un blog qui est loin d’être hostile aux MCF : http://mcf.over-blog.com/
le commentaire 50 est signé “François” et non “S’imposer” .
Je trouve ton “code de déontologie” très intéressant ; il est en effet essentiel que nous travaillions nous mêmes à la reconnaissance de nos propres travaux (qui en valent bien d’autres)
Cependant, cette organisation ne devrait pas être une guerre déclarée aux PR. Je pense que nous devons aussi continuer à créer des liens avec les PR ( eux mêmes hierarchisés entre agreg interne/ externe etc …) , qui bien entendu doivent être tout sauf subordonnés.
@s’imposer
Je suis absolument d’accord avec toi. Il ne s’agit pas d’une guerre déclarée contre les Pr, d’autant qu’une minorité d’entre eux participe activement à la valorisation des travaux des MCF. Par exemple, un directeur de collection qui n’hésite à publier en grand nombre des MCF ( Pr. J- C Ricci chez Hachette) ou des directeurs de revue qui publient beaucoup de MCF ( ex. Pr Y .Gaudemet à la RDP) ou encore le JCP ect … sauf l’innénarable AJDA qui est toujours autant exclusive sur ce point et qui commence à force à devenir la revue des copains.
Il y a aussi des ouvrages collectifs qui font apparaître de plus en plus de MCF dans le comité de direction ( mais il y a hélàs des contre-exemples, toujours autant exclusifs au profit des Pr et qui démontrent le bien-fondé de notre débat: par exemple, est paru le mois dernier un ouvrage au PUF sous forme de dictionnaire sur les droits de l’homme. Parmi les 4 ou 5 directeurs de l’ouvrage, il n’y a aucun MCF alors que plusieurs MCF produisent ces dernièrès années des écrits très intéressants sur les droits fondamentaux, (je précise que ce n’est pas mon champ de recherche).
Bref, hormis ces contre-exemples, il semble que notre demande de reconnaissance, qui ne passera que par nous- même et nos inititiaves diverses, commence à gagner du terrain et trouver un écho chez des Pr qui ont tout simplement et intelligemment saisi, avant ceux qui sont demeurés sur des postures passéistes et mandarinales (bref ringardes), le fonctionnement de l’université et la part respective des Pr et MCF en termes de recherche et d’enseignement.
Sur les ouvrages écrits par des MCF, il faut avouer qu’il y a quelques années, ( je suis MCF depuis 7 ans) c’était un sujet tabou car seul un agrégé pouvait écrire un manuel que d’ailleurs beaucoup n’écrive jamais dans leur carrière.
Et puis, il y a eu des MCF ( et en cela “s’imposer” a parfaitement raison, l’intivative vient et doit venir de nous-même), qui ont décidé d’écrire des manuels, de briser le tabou et de les proposer à des éditeurs indépendants ( Studyrama, Gualino, Ellipses). Et, le mouvement a été lancé. Aujourd’hui, le Pr J-C Ricci a certainement compris ce mouvement et la qualité de ces ouvrages souvent très élaborés. A ce propos, comment expliquer leur succès auprès des étrudiants, première reconnaissance en soi du travail des MCF ?.
Résultats : c’est qu’aujourd’hui, avec les chargés de TD, je mets dans la bibliographie de mes cours les ouvrages écrits par des MCF car les étudiants les connaissent et nous en demandent les références et ça fait de la pub à nos collègues.
Sur le coup du dictionnaire des droits de l’homme, je l’ai vu aussi passé et j’ai bien ri. Cela fait complètement carte de viste. C’est lamentable. C’est la même chose pour les ouvrages écrites à plusieurs mains. C’est ne pas comprendre le monde de l’université en 2008 que ne pas associer un MCF.
P.S : Sur le code de conduite, j’adhère totalement même si j’ai commencé à l’appliquer depuis quelques temps de mon propre chef. Je vais désormais en intensifier l’application.
@Martin
Il n’y a pas que les ouvrages.
Sauf erreur de ma part, les étudiants en TD travaillent tout autant sur les articles de doctrine écrits par des MCF et des Pr.
Les thèses sur lesquelles travaillent les étudiants à partir du M2 , et bien sûr en doctorat, ont pour auteur des personnes qui ne pas tous devenues agrégés ( l’équation est loin d’être celle-ci). Il sont devenus pour la plupart des MCF. Tout ceci doit être en effet dit haut et fort.
@s’imposer
Sur l’AJDA, certains d’entre nous, l’appelons la revue des Pr ou des copains (c’est un peu près pareil), la revue dont le directeur accepte dans sa grande mansuétude de publier une fois tous les six mois un MCF alors qu’elle est hebdommadaire.
Quel élan de générosité.
En ce qui me concerne ( mes collègues à l’UFR font la même chose) j’adresse mos articles au JCP, DA ou si ce sont des grosse études, RDP et dans une moindre mesure RFDA qui commence elle aussi à être piquée par le syndrome des Pr.
Un MCF averti sait ne pas perdre son temps.
Il faut aussi préciser que dans ces maisons d’édition, il y a aussi des agrégés qui écrivent ( chez Studyrama, Ellipses, Gualino).
Outre Hachette, ect , vous avez d’autres collections dont les directeurs( et pas les moindres) publient des Pr et des MCF :
- LGDJ coll. Droit économique ( dirigé par Pr Frisson-Roche)
- LGDJ coll. Systèmes ( dirigé par les Pr Bouvier et Richer)
- PUF coll. Major (dirigé par A. Garapon)
- L’harmattan coll. Logiques juridiques ( dirigé par Pr Marcou).
Vous voyez ce ne sont pas de petites signatures.
Il reste certaines collections ou certains éditeurs du type Dalloz qui font acte de résistance et dont les portes sont closes par rapport au MCF du fait d’une approche complètement surannée de l’université. Mais, à mon avis, pas pour lontemps, car l’on constate aujoud’hui que peu d’agrégés des récentes générations se lancent vraiment dans l’écriture d’ouvrages à la différence des MCF qui apprécient cet exercice ( étant entendu qu’il s’agit d’être capable d’écrire seul un ouvrage et pas se faire transmettre l’ouvrage tout prêt).
Pour revenir en quelques mots sur la question posée plus haut, entre ce qui pouvait distinguer le métier de MCF de celui de PR, il me semble que la seule qui subsiste réellement est le fait de pouvoir ou non diriger des recherches ( je ne parle pas des MCF HDR, nous savons tous qu’il nous sera sur ce plan, impossible de nous imposer car ce pourrait être au détriment des doctorants que nous risquerions de sacrifier). Or les exercices proposés par l’agrég permettent de mesurer un grand nombre de qualités des candidats mais en aucune manière celle qui demeure la seule spécificité du métier de PR, à savoir l’aptitude à diriger des recherches. C’est curieux ….
Une intéressante synthèse du débat en cours sur Maître de conférences est sur mcfoverblog.
http://mcf.over-blog.com/
@ S’imposer et à tous les autres collègues
Toutes ces propositions sont en effet pertinentes.
Pour ma part, (01) je les applique aussi depuis l’émergence de ces débats sur les blogs.
Par exemple, sur les ouvrages à direction multiple et qui excluent les MCF , je ne les conseille pas aux étudiants en amphi et ne les indique pas dans la bibliographie générale.
Pour les colloques et journées d’études qui sont réservés aux Pr, je n’en fais aucune publicité et je ne m’y rends pas car s’il s’agit d’écouter un discours monocorde, je n’en vois pas l’intérêt. Ce sont des Pr qui sont souvent dans une système d’ancien régime ou plutôt d’ancienne université.
Enfin, il y a une autre action qu’il faut avoir le courage de mettre en avant, c’est tout simplement de refuser de se présenter à l’agrégation et surtout expliquer les raisons de notre démarche à un Pr qui nous interrogerait sur le concours.
Il y a quelques années, les MCF qui ne se présentaient pas ou plus à l’agrégation, rasaient les murs des facultés ou ne l’avouaient pas (autre ancien tabou).
Aujourd’hui, certains d’entre nous l’annonçons d’emblée et contestons la légitimité du concours, qui était jadis un accélérateur de carrière, et appelons à son boycott.
Nous aussi au départ, nous nous sommes présentés plein d’illusions et de rêves ( en ce qui me concerne admissible au dernier concours 01). Mais nous sommes vite retombés sur terre.
La légitimité du concours est défaillante sur trois aspect fondamentaux :
- L’absence totale de transparence du mode de nomination du jury d’agrégation ( Président et membres) qui va à l’encontre de toute règle élementaire applicable à l’organisation d’un concours.
- L’absence totale d’anonymat qui devient le vecteur idéal du clientélisme. Les exemples abondent en 01, 02, 03. Inutile de les rappeler.
- Enfin, l’absence d’épeuve écrite ( intimement liée à l’absence d’anonymat) alors que l’agrégation a vocation à sanctionner nos compétences pédagogiques.
Chers collèges, pour ceux qui, comme nous, ne se présentent pas cette année au concours de la 01, i l faut prendre la peine d’expliquer ces raisons. Et vous observerez que ces derniers temps les Pr prêtent de plus en plus une oreille attentive à cette absence de légitimité, effet blog oblige, qui les amène à s’interroger sur le bien-fondé d’un concours dont ils sont issus.
S’il faut attendre l’hypothétique réforme de l’agrégation ou la fusion des deux corps, deux projets actuellement bloqués par les Pr, nous ne recouvrerons jamais notre palce et notre espace.
Nous devons en effet, à l’échelle de chacun d’entre nous, nous battre et exister en tant qu”enseignant-chercheur.
Tout simplement.
Bien cordialement.
Tout ceci est excellent !
Nous, dans notre fac, ( P XI), il y a 4 -5 ans, une agrégée
(02) a débarqué avec pour seul projet de recherche de faire la chasse aux Mcf et Pr voie longue.
On a serré les rangs et on ne lui rien laissé passer même si elle a cassé l’ambiance. On recolle encore aujourd’hui les morceaux. C’est pour vous dire son acharnement …
Elle est repartie sur P I et bon débarras. Je plains sincèrement les MCF de P I même s’ils ont la réputation de ne pas se laisser marcher sur les pieds…
Depuis plusieurs années dans tous les facs, les rapports entre les deux corps se détériorent et le gouffre se creuse à cause souvent de ce genre de personne gonflée à bloc par un complexe de supériorité qui n’a hélàs pour elle aucune raison d’exister.
En fait, il y a une infime minorité d’agrégés, souvent les plus brillants et qui sont d’une grande humilité. Mais, c’est très très rare ( comme par exemple un célèbre spécialiste des finances publiques, auteur de tout une théorie, et qui a été cité plus haut. Il est aussi parti à P I. Mais, celui-là, on le regrette…)
La vérité, c’est qu’au quotiden, on se coltine tous les autres …
Bonjour,
Si je partage entièrement les idées développées plus haut, attention à ne pas tomber dans l’excès comme le rappelait très justement “à s’imposer”.
Nous avons tous eu l’expérience malheureuse d’un Pr jouant au “petit chef” et excluant les MCF pour un repas au resto (pourtant payant) parce que “réservé” aux “amis et collègues” du célèbre intervenant venu faire un Colloque à l’Université.
Combien d’entre nous, les débats le révèlent, bien qu’HDR, ne dirigent pas de thèse pour ne pas “sacrifier” leur candidat au CNU ou ne sont tout simplement pas invités à un quelconque Colloque malgré leurs compétences… ?
Pour ma part, j’ai même subi l’humiliation de diriger des mémoires de Master sans pouvoir les faire soutenir avec un autre MCF, le responsable dudit diplôme ayant exigé la présence d’un Pr au côté de tout MCF !!
J’ai même entendu un PR annoncer en Section que les MCF n’étaient bon qu’à faire des TD !!!!
Pour autant, combien de PR sont aussi d’excellents Collègues que nous tutoyons à la Fac et qui s’intéressent davantage à nos compétences qu’à notre statut. Il y en a, et beaucoup plus qu’on ne le pense…
En réalité, comme partout, il y a des gens stupides qui ne pensent et vivent qu’à travers la réussite d’un concours complètement dépassé (j’ai été admissible), sans se rendre compte que d’autres, à côté d’eux, sont aussi compétents qu’eux, voire plus…
Le problème reste celui du double statut, dont l’un malheureusement, est quasiment fermé aux autres, pourtant largement majoritaires…
Cherchez l’erreur…
Ce débat est fort intéressant et démontre pour ceux qui en doutaient que les maîtres de conférences existent encore.
Vivement la fusion des deux corps ! ou une réforme de l’agrégation ( anonymat …).
Pendant ce temps-là, oeuvrons en effet à nous imposer .
Je donnerais beaucoup à voir la tête de Fluctuat nec mergitur que les privatistes et publicistes connaissent puiqu’il rôde sur différents blogs. Il serait capable de nous assigner pour outrage à Professeur agrégé.
Il n’en rate pas une pour en rajouter et bien insister sur l’exceptionnelle intelligence et la spendeur des agrégés ( en ce momet, on ne les voit pas trop. Il doit sentir le vent tourner …)
Bref, il contribue à sa très modeste échelle à descendre les maîtres de conférences, toujours indirectement, et à développer le sentiment de supériorité de l’autre corps, qui ne demande qu’à lêtre …
Je vous invite tous à aller voir le monde.fr daté du 9 oct sur les “filières d’excellence” et les premières propositions de notre ministre sur la réforme de notre statut
Alors, là , je l’ai mauvaise …
Avant de lire l’article, quelques chiffres :
58 000 enseignants-chercheurs dont 20 000 professeurs d’université et 38 000 maîtres de conférences.
le lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/10/09/universite-des-filieres-d-excellence-pour-les-enseignants-chercheurs_1104987_3224.html
Chers collègues,
Etant déjà intervenu sur ce blog à ses débuts, je me permets à nouveau une incursion en “terrain hostile”, puisque c’est ainsi qu’il faut hélas qualifier la tournure que prennent les discussions ces derniers jours. Je me le permets d’autant plus que j’enseigne, depuis peu, dans une université à 30 km de la côte Atlantique (où les MCF sont d’ailleurs plutôt beaucoup mieux lotis qu’ailleurs), et que je dois par conséquent y croiser quelques auteurs des lignes qui précèdent. Je crains en effet qu’un amalgame soit un peu rapidement opéré, qui ne peut qu’être nuisible à l’image des maîtres de conférences en général, des MCF de droit en particulier, plus qu’à celle des professeurs. Je m’explique.
1° Il ne s’agit évidemment pas de nier le malaise qui peut exister parmi les MCF (il existe aussi bien souvent parmi les PR, je vous rassure…), qui ont parfois l’impression de “faire le boulot”, et de ne pas être payés de reconnaissance en retour. Faire le boulot, c’est-à-dire assurer le fonctionnement de l’université, très concrètement en assumant des tâches administratives jugées nécessaires au fonctionnement de nos facultés. Trois remarques à ce propos. D’abord, il est certain, et on peut sans doute le déplorer, que le concours externe d’agrégation n’accorde qu’une importance très relative, c’est un euphémisme, aux tâches administratives ; ce n’est sans doute pas sa fonction, d’autant moins qu’aucune épreuve du concours en question ne permet, juridiquement, d’apprécier ces qualités. Ensuite, le 46-3, qui pourrait permettre une telle prise en compte, donne souvent l’impression de ne pas le faire, mais il me semble que c’est pour une autre raison sur laquelle je reviendrai. Enfin, et c’est le point le plus délicat, je ne suis pas certain que certaines des tâches assumées par les MCF doivent l’être effectivement : elles relèvent parfois de l’administration universitaire, et il y a des tâches qu’il faut savoir refuser ; or ce refus (d’assurer la responsabilité de modules non obligatoires, de participer à des réunions dont on sait à l’avance qu’elles ne servent à rien, etc.), on l’oppose sans doute plus facilement lorsqu’on est PR que MCF, ce qui est dommage compte tenu du fait que, précisément, ces tâches administratives et inutiles (le « et » est important), ne sont valorisées ni au CNU, ni à l’agrégation.
2° Concernant la direction de travaux, il est tout à fait exact de dire qu’il y a un problème de reconnaissance des thèses dirigées par les MCF : sauf erreur de ma part, la liste des qualifiés 2008 en 02 ne comporte par exemple aucun thésard de MCF (ce n’était pas le cas les années précédentes, si ma mémoire est bonne). Cet état de fait montre sans doute que les doctorants aux dents longues hésitent à choisir un MCF comme directeur, et que les MCF scrupuleux (c’est-à-dire bien souvent les plus aptes à diriger correctement une thèse) détournent les bons doctorants vers des PR, peut-être par peur de ne pas voir la thèse qualifiée par le CNU en raison du directeur de recherche choisi. Il me semble qu’il y a peut-être là une émancipation à assumer, et que de tels scrupules n’ont pas lieu d’être, à la fois parce qu’au CNU, il y a tout de même la moitié de MCF, et parce que le travail de direction se fait de moins en moins seul. A défaut de direction “MCF seul”, je crois que la codirection est une voie moyenne à pratiquer plus régulièrement (elle l’est, selon les lieux, systématiquement, tel était le cas dans mon ancienne université).
3° Quant aux propositions de mesures de rétorsion (ne citer ou ne faire intervenir en colloques que des MCF, par exemple), je les trouve pour ma part assez puériles, et je ne pense pas être le seul au sein des enseignants-chercheurs (y inclus MCF donc, mais aussi CR ou DR). Et injustement discriminante à l’égard des doctorants, quel que soit leur statut, qui publient régulièrement et pour lesquels la participation à des colloques est un élément souvent déterminant de leur qualification et/ou recrutement. Il y a de bons et de mauvais articles ou manuels, quel que soit le statut de leurs auteurs. Ceci dit, je ne méconnais absolument pas le fait que certains éditeurs sont encore frileux pour publier des manuels écrits par des MCF, mais croire que c’est systématique, ou résulte d’un “anti-MCFisme” de base est caricatural.
4° Sur le passage du corps de MCF à celui de PR, je ne dirai rien de la fusion des corps réclamée, si ce n’est qu’elle n’a strictement aucune chance d’être entendue (et par contre toutes les chances de décrédibiliser ses demandeurs) : les fusions de corps n’ont jamais fonctionné que lorsqu’un corps numériquement plus important intégrait un corps en voie d’extinction, ce qui n’est, heureusement d’ailleurs, pas le cas des MCF ; et les considérations budgétaires, même si les différences de traitement ne sont pas aussi considérables qu’on le dit parfois (notamment par le jeu des HC), ne permettent évidemment pas que la question soit examinée. Mais il y a, c’est évident, un vrai problème à l’égard du passage MCF-PR. Sur l’agrégation externe, tout a été dit ailleurs, et il y aura certainement des évolutions ; il y a, en revanche, une vraie difficulté concernant les deux autres voies d’accès au corps des PR. S’agissant du 46-3, je crois qu’il faudra s’apercevoir un jour ou l’autre que ce qui est discuté au niveau du recrutement des MCF (le refus du localisme) est appliqué systématiquement par le CNU, qui, sauf rarissimes exceptions, rejette toute candidature d’un MCF sur un poste ouvert dans son université d’origine. La voie longue, comme les deux agrégations, suppose qu’on soit prêt à la mobilité, qui n’a qu’un temps (sans doute de plus en plus bref avec la réforme autonomique). Quant au concours interne, il me semble qu’il est injustement délaissé par les MCF (et peut-être aussi insuffisamment préparé en tant que tel, c’est-à-dire différemment de l’agrégation externe). Le découragement que l’on peut ressentir après avoir été rejeté, parfois plusieurs fois de suite et en étant arrivé jusqu’à la dernière leçon, au concours externe, ne doit pas faire croire que les portes sont ensuite fermées à jamais. Reste qu’il y a, aussi, un problème de préparation à l’agrégation, et que le monopole de fait de Paris en cette matière doit être cassé par l’instauration de préparations régionales (auxquelles je suis tout disposé à m’associer).
J’espère que les maîtres de ces lieux (et de conférences) ne m’en voudront pas d’avoir été si long ; il me semble en tout cas utile que, ici ou ailleurs, PR et MCF puissent discuter ensemble de ces questions, puisqu’après tout l’art. L 111-5 C. éd. indique bien que nous formons ensemble une “communauté universitaire” (avec les usagers, et notamment les doctorants, futurs MCF ou PR, et grands absents de ce blog, alors que les vrais maltraités, ce sont bien souvent eux).
@Gilles Dumont,
Il me semble qu’à la lecture des commentaires, ce n’est pas la question des tâches administratives qui est mise en cause. Ce serait une vision étriquée du problème.
Aujourd’hui, les maîtres de conférences n’acceptent plus, depuis bien longtemps, d’assurer de telles fonctions qui ne sont pas les leurs et pour lesquelles ils n’ont pas été recrutés. Ce n’est pas le fond du problème.
Le fond du problème porte à mon sens, notamment d’après ce qu’ont écrit “s’imposer” et d’autres collègues, sur l’absence ou l’insuffisance criantes de reconnaissance sur le plan pédagogique (direction de M2, cours usurpés au profit des agrégés, attribution discriminatoire et opaque des enseignements et responsabilités pédagogiques … ,) et sur le plan scientifique ( la question des directions de thèse sans évoquer une quelconque co-direction : nous sommes capables, les MCF HDR, d’assurer seuls une thèse, ( votre argument sur la part de responsabilité de certains thésards est intéressant), mais aussi, il faut le dire et je rejoins mes collègues qui sont intervenus sur point, le cloisonnement de certains moyens de diffusion de nos écrits, des espaces qui sont devenus sans s’apercevoir ou délibérement, exclusifs au profit des agrégés ou encore l’exclusion de maîtres de conférences au sein de direction d’ouvrages collectifs ou de colloques alors que la qualité scientifique des travaux des collègues n’est plus à démontrer.
Vous ne pouvez pas nier cet état de fait.
Sur l’absence de promotion du corps, les agrégés n’ont pas de main mise dessus : la question de la réforme de l’agrégation, la suppresion de l’agrégation interne ( mirroir aux allouettes), suppression à laquelle je suis favorable et la fusion des deux corps relèvent d’une prise de décision à l’échelle supérieur même si le lobbying bat son plein en ce moment.
Pendant longtemps, cet ostracisme a été occulté à tel enseigne que nous en sommes arrivés à cette opposition frontale des deux corps qui semble insurmontable tant la communication est difficile.
Feindre de l’ignorer n’est pas une solution. Il faut au contraire accepter de reconnaître ses erreurs afin de rapprocher les deux corps tant qu’il est encore possible, d’autant que les maîtres de conférences représentent une part numériquement importante de la ” communauté universitaire”, aujourd’hui coquille vide.
@ aux collègues
Quoiqu’il en soit, il faut rendre hommage à Gilles Dumont d’être intervenu sur ce blog et d’avoir user des arguments qui sont les siens et que je ne partage pas. Sa démarche est hautement louable. E lle est déjà le signe d’un progrès. Elle devrait en inspirer bien d’autres.
@ Alex.
Merci d’avoir pris le temps de lire mon trop long commentaire, et de votre réponse. Faute de temps, je ferai juste une remarque concernant l’agrégation interne, sur laquelle je ne suis pas du tout d’accord avec vous.
Etant donné que la fusion des corps n’est pas à l’ordre du jour, et ne peut pas l’être pour les raisons budgétaires que nous connaissons tous (les propositions Pécresse pour les nouveaux MCF, proposition d’une légalité divertissante, n’arrangeront rien à la chose), il me semble que l’une des revendications qui heurtera nombre de mes collègues PR, mais qui a mon entier soutien, serait un rééquilibrage très large (pour ne pas dire un basculement) du nombre de postes offerts au concours, de l’agrégation externe vers l’interne. Plutôt que la disparition de l’agrégation interne, qui a pleinement son utilité, c’est plutôt celle du 46-3 qu’il faudrait réclamer, parce que ce n’est qu’un nid à frustrations et à problèmes au sein des facultés (la situation des PR qui ont été obligés de classer leurs collègues MCF, en poste dans la même fac qu’eux, voire de n’en classer aucun ou un seul, est intenable, et ce genre d’exercice est de nature à plomber une fac pendant au moins 2 ou 3 ans).
@Gilles Dumont
On parle de vous sur mcfoverblog en des termes élogieux !
Bravo pour cette capacité de dialogue et cette sagesse.
Il en existe.
Autre petit exemple de grand mépris :
Lorsqu’à l’occasion de réunions, pour attester de la présence, deux feuilles d’émargement circulent , l’une pour les Pr et l’autre pour les MCF dans l’hypothèse où l’on serait contagieux. On ne sait jamais.
Pratique ordinaire dans plusieurs universités et qui n’est pas le résultat d’un comportement individuel comme on voudrait nous le faire croire.
- “Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir au loin ? une fusion des deux corps, une réforme de l’agrégation, n’importe laquelle, externe, interne, tout ce que tu voudras ?”
-” Non, je ne vois rien venir. Soit patient.”
-”Soit. Je patiente et je me tais surtout jusqu’à ce que mort ou dépression , comme on voudra, s’ensuive.
@ Beckett. Tout dépend du type de réunion auquel vous faites allusion, mais vous n’ignorez pas que la règle des quorums doit s’apprécier par collège lorsque des questions relatives à des situations individuelles sont en cause (conseil scientifique, ex-commissions de spécialistes notamment). Je sais bien qu’il y a un certain nombre de facultés dans lesquelles il est “de tradition” que les MCF participent aux délibérations concernant les questions de carrière des PR, et s’étonnent ensuite que leurs délibérations soient annulées pour vice de forme.
Encore une fois, je crois que si votre mouvement, sur la légitimité duquel je ne m’interroge pas (pour tout dire, si les PR ET les MCF pouvaient ensemble obtenir des revalorisations de carrière, ce ne serait pas un mal, quand on observe le fossé qui s’est creusé avec, par exemple, les magistrats administratifs), veut être crédible, il faudrait arrêter ce qu’un regard extérieur (il a été dit, et c’est vrai, que ce blog est lu par nombre de PR, mais aussi par le ministère) identifiera soit à de la paranoïa, soit à de l’incompétence. Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le but recherché.
@Gilles Dumont
Non, il s’agit de réunions parfaitement informelles qui ne requièrent absolument aucune règle de quorum, imposées pour les deux collèges dans certaines situations.
Quant au mouvement dont il est question, évoqué par des collègues, et dont je prends connaissance, pourquoi voulez-que ces personnes soient qualifiés de paranoïaques ou d’incompétents ?
Je ne vois pas le rapport.
Pour fonder et légitimer une action, ne faut-il pas au préalable dresser un constat, et définir les besoins ou priorités, et en l’espèce un terrible constat d’échec quant à l’existence d’une communauté universitaire unie dans l’accomplissement de ses objectifs de formation et de recherche.
Si des PR ou le ministère les lisent, à la bonne heure !
Ce que recherchent ces collègues est une valorisation de leur statut, jointe bien entendu à celle de nos collègues Pr, mais aussi, et cela le ministère est inopérant sur ce point, une plus grande reconnaissance et un intérêt plus vif portés à leurs activités en matière d’enseignement et de recherche.
Quel crime auraient-ils donc commis ? Quelle solution proposer pour mettre fin à cette marginalité insupportable des MCF adossée à un mépris ? attendre ou au contraire réagir et ne compter (hélàs) que sur soi-même.
Leurs initiatives que je salue se heurtent indéniablement à des us et coutumes qui se sont durablement installées et ont porté , les témoignages sont là pour le dire, grief à de nombreux collègues.
Tenir un discours ironique n’est pas non plus une solution. Le code établi par “s’imposer” vous semble politiquement incorrect mais il est, sachez-le, le simple reflet de la réalité, mais dans l’autre sens, à l’endroit des MCF.
Je ne vois au contraire dans ce mouvement qu’une grande lucidité (hélàs à nouveau) et modernité.
Je rebondis (un peu tardivement) sur la remarque Patrick Morvan (n°33) concernant certains”profiteurs” du sytème, MCF comme PR, qui n’écrivent pas une ligne. Il est bien évident que nous sommes tous employés pour enseigner, écrire et assumer des taches collectives. Mais je ne partage pas son point de vue, consistant à pointer le localisme comme étant la source de ce mal, chez les MCF. J’ai été recrutée comme MCF dans la fac dans laquelle j’avais enseigné en tant qu’ATER et vacataire. J’avais d’emblée considéré qu’il s’agissait d’une longue, très longue période d’essai, d’une durée qui ne serait même pas envisageable dans le privé. Il ne me paraît pas absurde de recruter un enseignant que l’on a vu travailler sur plusieurs années : on a eu des échos de la part des étudiants sur ses qualités pédagogiques, on a observé son comportement à l’égard des collègues, du personnel administratif, au sein des conseils de département ; on a assisté à certaines de ses prestations lors de soutenances de rapport ou mémoires..
Ce qui serait inadmissible serait le copinage, mais pas la reconnaissance de qualités que l’on a pu juger sur pied.
P.S. Merci aux PR qui viennent dialoguer avec les MCF. En effet, il existe des personnes brillantes et humbles ( pardon pour ce pléonasme) dans les deux corps de métiers.
D’accord avec 1 m de conférences. On ne peut arguer à tout va du localisme. Il y a d’autres paramètres.
Et, puisque nons en sommes à apprécier un amer constat, relisons ces observations de Patrick Morvan.
Cela donne à réfléchir et doit interpeler les agrégés. On comprend mieux alors la fracture universitaire qui s’est produite ces dernières années, les blogs aidant à l’identifier, et à propos de laquelle certains MCF intervenus sur ce site ont proposé des solutions ( mais aussi des PR).
” Parmi les professeurs agrégés, mes collègues, il y a beaucoup d’esprits brillants, ce qui révèle à mon sens la qualité du concours. Et puis il y a une frange de parasites de la fonction publique qui, sitôt agrégés, ont immédiatement considéré qu’ils avaient atteint le sommet de leur carrière, sans réaliser qu’elle ne faisait que débuter et qu’ils étaient des points minuscules vus depuis Sirius. L’université pratiquant l’auto-glorification et les rites monarchiques, cet état d’esprit peut perdurer indéfiniment. Je connais ainsi un collègue, en classe exceptionnelle (imaginez le traitement en fin de carrière), qui, dans sa tête, est à la retraite depuis 30 ans : même les étudiants les plus nuls trouvent ses cours nuls. Il ne publie rien depuis toujours. Mais il a une haute idée de sa fonction et de son prestige. J’abhorre ces gens là qui offrent sur un plateau aux universitaires des autres disciplines les arguments en faveur d’une suppression de l’agrégation. Sans une évaluation continue des travaux de recherche tout au long de la carrière, le titre de professeur d’université ne peut être que usurpé. Tous les 5 ans, une université devrait pouvoir congédier ces éléments parasites qui ont le “principe d’indépendance des professeurs d’université” plein la bouche (l’équivalent du dogme de l’indépendance de la magistrature dans la bouche des juges qui ont soutenu Burgaud).
A méditer pour mieux rebondir …
Il y a un autre sujet dont personne ne parle véritablement et qui nous atteint directement. C’est la question des cumuls, par les professeurs, des responsabilités administratives, pédagogiques ou scientifiques: être de tous les cercles d’influence. Est-ce bien raisonnable ?
On pourra utiliser tous les moyens que l’on voudra qui seront sans résultat si l’on tombe face à un réseau ou un système de copinage entretenu par le cumul des casquettes et le cloisonnement. Mais, cela, il n’y a que les agrégés, enfin la nouvelle génération, qui peuvent le démanteler. Sinon, nous serons toujours en fin de liste et ne récolterons que ce que les mandarins ou pontes accepteront de nous donner.
Sur les publications, je ne suis pas tout à fait d’accord : je publie surtout à l’AJDA (commentaire d’arrêt principalement et pourtant je suis MCF). Je n’ai jamais réussi à avoir un article à la RDP. J’ai pourtant essayé ( 3 tentatives). En fait, c’est l’approche que l’on adopte qui est déterminante. Si vous présentez à l’AJDA une étude de fond, avec de grosses références bibliographiques et beaucoup de théorie et d’abstraction, ça ne passera jamais. L’AJDA ne retient que des articles concrets et qui collent à l’actualité (d’où son succès chez les avocats). En revanche, la RDP ( j’en veux pas à Gaudemet !) ne retient que les grosses études et réflexions de fond ( d’où son succès chez les universitaires). Pour la RDP, j’abandonne même si je sais que c’et important d’avoir au moins un article à la RDP, MCF ou PR confondus. Tant pis. En revanche, c’est vrai qu’à l’AJDA , les MCF n’ont pas souvent les grosses rubriques ou gros titres .
Sur les éditeurs, là aussi quelques erreurs : chez Dalloz, certains collègues, peu il es vrai, publient. Mais, en même temps, tous les MCF ne veulent pas écrire un bouquin, qui est tout de même un boulot important. Pour les éditeurs et les collections cités, en effet, ils ont ouvert leurs cercles au MCF . Portant là aussi il faut nuancer. J’ai un ami à l’UFR qui a soumis un synopsis à Systèmes (LGDJ) et Logiques juridiques. Réponse négative dans les deux cas car l’approche et le plan ne sont pas convaincants. Je crois vraiment que cela dépend de l’approche que l’on adopte et moins de la situation statutaire, même s’il n’y a pas assez d’espace ( pour reprendre ce terme souvent employé) pour les MCF.
Bon courage à tous et bravo pour ce débat.
Il me semble qu’il existe une ébauche de réponse au problème du cumul dans le rapport Schwartz, à savoir, le temps partiel proposé aux enseignants (MCF comme PR) qui ne seraient pas à même d’assumer toutes leurs charges ( enseignement, charges administratives et recherche).
Cela ne pourrait pas tout régler mais cela a pour avantage de susciter la réflexion
Le problème aujourd’hui est qu’en un seul clic, on sait en deux ou trois secondes qui publie régulièrement, travaille pédagogiquement, ou s’investit sur des enseignements.
Avec Google, Amazon, Sudoc ou Doctrinal, rien nous échappe.
Du coup, lorsque la production scientifique ou l’investissement pédagoqique est nul alors que l’intéressé cumule les casquettes et fanfaronne, il y a un gros malaise.
Publier c’est à dire écrire de vrais articles et non une ou deux pages dans une revue , ou écrire de vrais ouvrages et non pas faire la belle préface de l’ouvrage du bouc émissaire.
Le propos vaut tant pour les agrégés que pour les maîtres de conférences. Sauf que les plus mal lotis en termes de distribution de “postes” sont pour l’heure les MCF et naturellement certains agrégés qui sont mis à l’écart.
Au sujet des annonces de la ministre sur la révalorisation des débuts de carrière, je ressens comme un malaise.
Si j’ai bien compris, les mesures ne concerneront que les nouvelles recrues en 2009, non ?
En ce cas, j’ai calculé qu’à conditions égales, un MCF recruté en 2008 pourrait avoir moins d’ancienneté qu’un MCF recruté en 2009.
Est-ce bien légal ?
Fin du suspens sur le sort des maîtres de conférences lundi: la ministre de l’enseignement supérieur donne en effet une conférence de presse à 10h30 sur le plan pour favoriser l’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur…
Qui vivra verra…
Une première réponse a été donnée hier sur Europe 1 ( émission de 10h, réécoutable en ligne) à la suite de la question d’un MCF recruté en 2007 : si j’ai bien compris : examen au cas par cas, pour qu’il n’y ait pas d’inégalité…
Selon ce qui sera annoncé ce matin, le risque d’inconstitutionnalité des mesures prises au regard du principe d’égalité dans la fonction publique, lequel s’entend au sein d’un même corps, semble appréciable.
Et donc le risque de recours contre les dispositions d’un décret futur modifiant le décret statutaire de 1984.
L’attention devra être portée sur les éléments objectifs qui justifieraient selon le ministère une discrimination entre les membres d’un même corps de fonctionnaires.
Visiblement, rien n’a été annoncé (ou plutôt confirmé) s’agissant de la revalorisation des débuts de carrière… une reculade ?
Méa culpa…
La mesure de revalorisation des débuts de carrière est confirmée mais sans précision aucune :
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid22763/plan-carrieres-dans-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche.html
Re méa culpa… il y a beaucoup de précisions (voir page 4) :
http://media.education.gouv.fr/file/2008/88/5/fiches_36885.pdf
On peut notamment lire en note que :
“NB : Cette mesure entrant en application en 2009, il est prévu de vérifier la situation des maîtres de
conférences recrutés précédemment, afin de s’assurer que personne ne subisse d’inversion de carrière
(ne soit dans une situation plus défavorable parce que recruté avant la mise en oeuvre de la mesure)”.
il faudra voir ce que cela donne en pratique…
récemment recruté (2008), j’attends impatiemment de voir comment vont être gérer les choses niveau ancienneté pour éviter l’inversion de carrière…
Peut être en facilitant la montée des échelons… ?
Je ne suis pas vraiment spécialiste mais il me semble que les enseignants du secondaire peuvent demande ) être inspecter, ce qui leur permet de gagner du temps pour les échelons.
C’est vrai que, en tant que mcf, pas d’inspection, donc, on est obliger d’attendre les 2 ans et 10 mois pour passer, ce qui est beaucoup plus long comme évolution de carrière qu’un prof du secondaire.
Wait and see…
Ne parlons pas de l’évaluation des étudiants….
et moi donc… j’attends de voir si je vais enfin gagner ma vie convenablement ! Recruté en 2000, deux fois admissible à l’agrég, bardé de prix pour ma thèse, des publications ds de belles revues… je suis au 4ème échelon… je gagne 500 euros brut/mois de plus que la nourrice de mes enfants (qui est très sympathique au demeurant mais si j’avais su j’aurais fait un CAP puériculture !… en plus en tant que nourrice elle a un bel HLM et moi un gros loyer). Heureusement que ma femme gagne très bien sa vie et me permet de faire mumuse à l’université sinon… “bonjour les cabinets d’avocats”…
A SDF,
Malheureusement, la réforme concerne les MCF recrutés en 2009 et non l’ensemble des MCF.
Je crois comprendre que des mesures seront prises pour que les MCF recrutés en 2006, 2007, 2008 ne se retrouvent pas, à conditions égales, avec une ancienneté inférieure à une recrue 2009.
Mais je ne crois pas que le ministère remontera plus loin en arrière et réexaminera la situation de tous les MCF : ce serait trop coûteux.
Des publicistes dans la salle pour nous livrer une analyse juridique de cette prochaine usine à gaz ?
SDF
Bref… avec ce système un MCF recruté en 2009 gagnera plus que moi recruté en 2000 (j’ai fait le calcul !) … euh… “bonjour les avocats”
A SDF,
Non, je ne crois pas.
Il pourra gagner autant que toi mais pas davantage sinon ce serait “une inversion de carrière” pour reprendre l’expression du ministère.
pour le dire directement, un certain nombre des commentaires ci-dessus (pas tous, j’insiste) qui déversent leur détestation du corps professoral sont tout simplement consternants.
je suis d’autant plus atterré que je serais le premier à défendre une revalorisation du statut des mcf passant par leur rémunération et leur place dans le système universitaire;
mais avoir à subir la litanie des “méfaits professoraux” commis par les méchants agrégés (qui ne le sont d’ailleurs, agrégés, que par copinage c’est bien connu) et qui ne penseraient en majorité qu’à bouffer du mcf vous ferait vous découvrir un esprit corporatiste que l’on croyait ne jamais pouvoir connaître.
moi aussi je pourrais y aller de mes “exemples” sur des mcf qui ne font rien à l’université et même qui n’ont rien à y faire, au vu de la qualité de leurs travaux. ah cette armada de mcf recrutés notamment dans les années 90 et qui maintenant bouchonnent les universités en empêchant le recrutement de jeunes collègues talentueux…
ah ces mcf qui ne participent également à rien dans les activités universitaires. ah ces mcf qui jouent aussi au petit chef avec les ATER ou les vacataires…on a toujours un plus petit que soit (universitairement parlant) sous la main. bonjour le niveau du débat.
tout cela est consternant. oui il faut avoir une réflexion sur la valorisation des statuts des enseignants-chercheurs en général, vacataires, ATER, mcf et même des professeurs…eh oui. mais si cela doit passer par l’idée qu’aucune distinction ne doit plus exister entre personne car on fait tous le même métier aussi bien et avec autant de talent alors là…quant à savoir si la progression dans la carrière de type “voie longue” pour tout le monde aboutirait à promouvoir de façon certaine les “vrais” enseignants-chercheurs, no comment.
mais peut être faut-il aussi supprimer toute idée de “progression”?
puis pour finir, et tant qu’on y est, je vous trouve également assez corporatistes quand même : pourquoi ne pas vous intéresser à défendre aussi les titualires du CAPES dans le secondaire qui font plus d’heures et sont moins payés que les agrégés? et puis tant qu’à pousser au bout l’égalitarisme pourquoi ne pas s’interroger sur d’autres inégalités flagrantes : pourquoi un vacataire doctorant qui fait le même nombres d’heures d’enseignement qu’un ATER doctorant n’a pas la même rémunération, ni le même “titre”? pourquoi les ATER docteurs qui font autant d’heures que les mcf également n’auraient pas droit à la même rémunération et aux mêmes droits? pourquoi pas un statut unique d’enseignant chercheurs avec un salaire unique? allez, il y a encore du boulot pour qu’aucune tête ne dépasse du rang.
Vous avez raison.
Scions la branche sur laquelle nous sommes assis.
S’il faut se taire, eh bien , soit, taisons-nous.
Merci à Maîtres de conférences d’avoir laissé se développer un tel débat dans lequel beaucoup d’entre nous se sont retrouvés.
Désormais, silence …
@silence
Vous avez raison.
Il n’y a pas pire sourd que celui ne veut pas entendre.
Bien que MCF moi-même, je suis assez d’accord avec le message de Enervé. Je me permets de reprendre quelques points évoqués dans certains messages, avec lesquels je ne suis pas forcément d’accord :
- il est anormal qu’il y ait une différence prof / MCF. Je ne suis pas d’accord : les profs ont passé un concours bien plus difficile que les MCF, il est normal qu’ils soient mieux considérés.
- les MCF assurent les tâches subalternes dans la fac et croulent sous celles-ci, ce qui les empêche d’écrire. Peut-être vrai pour quelques-uns, mais pas pour la majorité, loin s’en faut. Personnellement, j’aurais largement le temps d’écrire des articles si je le souhaitais : je ne le fais pas parce que je n’en ai pas envie, et pas du tout par manque de temps, arrêtons d’être hypocrite là-dessus.
- les profs passent leur temps à faire des consultations juteuses et délaissent totalement la fac. Vrai pour quelques pontes, mais pas pour la majorité. J’ai vraiment le sentiment que les profs ne sont ni plus ni moins investis dans la fac que les MCF.
- l’agrég, c’est copinage et compagnie. Faux. Il y a sans doute parfois des gens qui sont agrégés alors qu’ils ne le méritent pas forcément, mais dans l’ensemble, l’agrég est la récompense légitime d’un travail forcené. Le recrutement des MCF me paraît être beaucoup plus lié au copinage et aux magouilles que celui des agrégés.
Evidemment, tout ceci ne justifie pas qu’un prof traite de haut un MCF (mais est-ce vraiment fréquent ?), mais je trouve absolument normal qu’en tant que MCF, j’ai moins de prestige, de sollicitations, de notoriété et d’argent qu’un prof. Si je veux accéder à ce statut, je peux passer l’agrég ou écrire et passer la voie longue. Mais je suis très heureux de mon sort actuel.
Je suis d’accord avec la conclusion de MC : il est normal qu’un Pr ait plus de prestige qu’un MCF. Je suis aussi d’accord avec le fait qu’un MCF qui “croule” sous les taches administratives (parce qu’il le veut bien ! d’ailleurs de nbreux MCF rafolent de ce genre de hochet pour se donner de l’importance) peut trouver du temps pour écrire (s’il n’écrit pas c’est qu’il ne le veux pas, un point c’est tout).
Pour le reste de son argumentation (par rapport à l’agrég en particulier) je suis loin de partager cette vision des choses…
Actuellement, sur le site de l’AERES (agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), un projet d’évaluation des revues juridiques et des articles, destinés à l’évaluation des enseignants est en ligne. Que penser de cette notation et de cette frénésie des statistiques. Chaque article recevrait une note en fonction de plusieurs critères. A quand des images et des bonnets d’ânes ? Une évaluation objective est-elle possible ?
Ne pourrait-on pas plutôt distinguer ceux qui publient de ceux qui ne publient pas. Le critère a au moins le mérite d’être objectif (même si celui qui ne publie pas peut être un bon enseignant contribuant à l’administration de la faculté, ce dont il faudrait aussi tenir compte).
Désolé de perturber cet éloge aussi improbable que risible sur les agrégés et la situation des MCF.
Je voulais seulement indiquer que malheureusement le blog mcf n’existe plus apparemment. On a beau cliquer sur l’adresse, rein n’apparaît. Il a été fermé et pourtant nous étions nombreux à le visiter.
Tout d’abord, sachant que l’auteur de ce blog vient visiter Maîtres de conférences, je voulais lui dire toute ma sympathie et lui souhaiter bonne chance pour la suite de son parcours même si je ne me fais pas de soucis pour lui. Bien que n’étant que post-thésard, il avait une capacité d’analyse et une maturité dans le raisonnement ( dont certains PR devraient s’inspirer) qui mm’ épataient sur le fonctionnent des universités et des deux corps ( et en plus une belle plume ). Tout ceci me fait penser qu’il ne s’arrêtera certainement pas à mi-chemin dans l’université.
De manière plus générale, la fermeture précoce de ce blog qui venait d’être crée est loin d’être anodine.
Au contraire, elle révèle que la blogosphère au niveau du droit, lorsque l’on observe attentivement, est devenue une pure transposition de l’exercice du pouvoir à l’université.
Le web droit est aujourd’hui détenu par un certain nombre de PR qui détiennent la divine parole ainsi que par leurs copains MCF, dont certains ont créé un blog récemment et qui ont bénéficié d’une couverture par les PR parce qu’ils traitent de sujets qui ne fâchent pas ( qui est contre les droits de l’homme ?) et qu’ils en se mouillent pas surtout.
Dès l’instant que se fait entendre une voix dissonante et surtout qui aborde la question des MCF et des pouvoirs au sein de l’université, cette voix est aussitôt marginalisée et des émissaires, sous couvert d’être MCF ou autre, sont envoyés pour la faire rester dans le giron.
Je sui certain que Maîtres de conférences est un objet de détestation pour de nombreux PR ou MCF qui se sentent « professorisés » ( et à tort …).
@Maître de conférences, Surtout, ne fermez pas boutique. Vous êtes le seul blog qui nous reste pour tenir un autre discours que tartine et chocolat que l’on rencontre sur tous les autres blogs de droit.
Une fois j’avais dit mcf, l’auteur du blog qui s’est fermé, qu’il entrait dans la blogosphère du droit qui est un Dallas virtuel. Je me suis trompé : c’est pire. C’est le web des longs couteaux des PR et « assimilés ».
( PS : Salut à toi mcf).
@ François
je ne sais pas qui tenait ce blog et je ne sais pas pourquoi il l’a fermé (je serais ravi qu’il nous le dise d’ailleurs) mais votre discours sur le “web des longs couteaux” me laisse pantois. Vous allez nous expliquer que mcf a reçu des menaces pour son blog ?
Quant à votre remarque sur le blog Combats pour les droits de l’homme, elle prouve seulement que vous ne connaissez pas le créateur de ce blog.
on parle souvent des restrictions de liberté en Chine et ailleurs…et finalement…
@PO Caille
Je suis dans mon droit le plus élémentaire de penser ce que j’ai indiqué plus haut, que cela plaise ou non aux tenants du discourt dominant sur le web droit- universitaire. Autrement dit, je signe et persiste.
Concernant maintenant le blog mcf qui a fermé prématurément, fermeture, au risque de me répéter, n’est pas si anecdotique que cela (Liberté a raison), je ne sais pas non plus qui en était l’auteur. A vrai dire, cela n’était pas essentiel. J’ai trouvé, qu’à l’image de ce que tente de faire Maîtres de conférences, il s’agissait d’un nouveau type de blog qui, via des informations pour les thésards ou post-thésards sur le concours pour les MCF, était devenu en l’espace de peu de temps l’occasion pour des MCF d’aborder des sujets non débattus ailleurs.
Je maintiens que ce blog, non complaisant, n’a pas été suffisamment encouragé et mis en avant ( et pour cause …) par le web droit-universitaire ( qui en connaissait indéniablement l’existence) qui porte volontiers écho à d’autres blogs …
Je maintiens encore qu’aujourd’hui, à part Maître de conférences, la blogosphère droit-universitaire « n’appartient » pas aux MCF qui veulent exprimer un certain nombre de choses. En ce sens, elle n’est pas intéressante pour nous. L’espace s’est rétréci peut être à notre insu. Cet espace ne s’ouvre à vous, même en abordant des sujets de fond, que si vous acceptez d’épouser une certaine logique à laquelle je n’adhérerais jamais.
A bon entendeur …
Bonne journée.
@françois
Allons bon, il ne nous manquait plus que le coup du complot agrégo-informatique…
d’accord avec POCaille, vos propos sont consternants et montrent en effet que vous ne savez pas de quoi vous parlez.
comme les blogs ont la possibilité d’être anonymes je ne vois pas vraiment quelle censure pourrait les affecter sur l fond.
sachez aussi que faire un blog n’est pas du mieux perçu par la communauté universitaire, et ceci même si vous êtes prof. mais je serais d’accord pour dire que le faire à visage découvert en tant que mcf qui postule à l’agreg n’est évidemment pas conseillé car pèse toujours sur ces blogs une présomption de superficialité et un soupçon d’anti-conformisme qui n’est pas du meilleur goût pour réussir un concours, quel qu’il soit d’ailleurs.
C’est vrai que c’est bizarre de fermer un blog aussi rapidement, un blog qui était tout de même “travaillé”. Il s’est nécessairement produit quelque chose …
Je suis d’accord avec François. Il y a anguille sous roche.
Le silence de l’auteur du blog fermé est sûrement une réponse à la question …
@Enervé
Je trouve que vous êtes toujours très gentil avec les agrégés et compréhensif à leur égard. Vous avez sûrement un blog …
( espérons que les agrégés le sont autant que vous à notre égard.)
@Maîtres de conférences
Tenez-bon.
Quelqu’un en saurait-il plus sur un projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ? Qu’est ce qu’il réserve aux MCF ? des nouveautés ? Merci d’avance pour votre réponse.
( c’est vrai que le blog mcf qui a été fermé était un bon blog. Les MCF étaient toujours bien acceuillis. Il y avait aussi des infos intéressantes, notamment pour les doctorants.
Et bravo à Maîtres de conférences qui nous laisse la parole même si les billets ne sont pas réguliers.
Ce n’est pas grave. L’espace de dialogue et de débat ( que l’on retrouvait sur le blog fermé) est irremplaçable et vaut mille billlets …)
le projet de décret peut être consulté sur le lien suivant:
http://snesup.fr/navigation/general/page.php?ndoc=3630
11 ème et 12 ème commandements des MDC :
La tête, tu ne lèveras point.
La subornidation, tu accepteras.
( et avec le sourire et surtout comme si de rien n’était …).
@l’anti blog de droit
Il suffit de prendre de la distance par rapport à ces blogs. Moi aussi, j’ai cette impression de “réseau” et de domination d’un certain corps, mais avec du détachement, et cette grille de lecture que l’on garde toujours à l’esprit, il est encore possible de naviguer sur ces blogs. C’est encore tolérable si on n’est pas dupe et que l’on ne tombe pas dans le panneau.
@question
Oh que oui, il y a de grands changements en perspective avec ce projet de décret et pour tous, mais pas vraiment les changements que l’on espérait…
Une réforme de la carte universitaire serait à l’étude ?
Peut-on faire pire que la réforme de la carte judiciaire en rayant de la carte les universités les plus humaines (pour les étudiants et les enseignants)?
Ceci concerne les maîtres de conférence, les professeurs, les personnels administratifs et les étudiants.
Que faire pour empêcher ce nouveau carnage ?
Bonjour,
Pour un (petit) commentaire du projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs :
http://www.lesechos.fr/info/france/4792471-le-statut-des-enseignants-chercheurs-revu-en-profondeur.htm
Pour ma part, j’ai vraiment l’impression que la volonté de nos gouvernants est de réduire fortement la part des heures complémentaires dont certains d’entre nous (j’en fais partie) tirent profit pour améliorer leur ordinaire…
Aujourd’hui, j’enseigne beaucoup et je fais quelques recherches (moins que certains, mais plus que d’autres…), avec quelques tâches administratives…
Si demain, le CNU estime que je ne fais pas assez de recherches (qui rapportent peu, avouons le…), les heures d’enseignement complémentaires seront intégrées dans mon service, ce qui conduira inévitablement à diminuer mon traitement. Et comme ces heures ne me permettront toujours pas d’amplifier la recherche, je serai coincé…
Mais peut-être que je me trompe…
Cordialement à tous
Article 7, § II, du projet de décret :
“Le président ou le directeur de l’établissement arrête les décisions individuelles d’attribution de services des enseignants-chercheurs dans l’intérêt du service, après consultation, du directeur de la composante et du directeur de l’unité de recherche concernés. Le tableau de service de chaque enseignant-chercheur lui est transmis en début d’année universitaire et est adapté pour chaque semestre d’enseignement. Il peut comporter un nombre d’heures d’enseignement inférieur ou supérieur au nombre d’heures de référence mentionné au I en fonction de la qualité des activités de recherche et de leur évaluation par le conseil national des universités ou le conseil national des universités pour les disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques.
Les principes généraux de répartition des obligations de service et les décisions individuelles d’attribution de services ne peuvent conduire à dégrader le potentiel global d’enseignement, tel qu’il est prévu dans le contrat entre l’Etat et l’établissement.
Dans le cas où il apparaît impossible d’attribuer le service de référence à ces personnels, le président ou le directeur de l’établissement leur demande de compléter leur service dans un autre établissement public d’enseignement supérieur de la même académie sans paiement d’heures complémentaires. La région d’Ile-de-France est, pour l’application des dispositions du présent alinéa, considérée comme une seule et même académie.”
Tout est dit : malgré les promesses plusieurs fois réitérées, il s’agit de permettre au président de chaque université d’augmenter la charge de certains enseignants-chercheurs. Il suffit qu’on leur reproche de ne pas faire assez de recherche. Or il est évident que l’évaluation de la qualité de la recherche est éminemment subjective et favorisera, bien évidemment, les professeurs au détriment des mcf (suffit de voir comment ça se passe dans les pays anglo-saxons).
En dépit de ce qui a été affirmé, il y a donc bel et bien atteinte au statut des enseignants-chercheurs.
Maintenant, reste à savoir comment les présidents d’université mettront en oeuvre cette disposition, si elle passe.
Il vaudrait mieux que les enseignants-chercheurs se mobilisent contre ce projet de décret, qui est dangereux.
A noter que dans le rapport Belloc, si je me souviens bien, le spectre de l’alourdissement des services n’était brandi que comme une mesure exceptionnelle destinée à sanctionner certains “fénéants”.
Dans le projet de décret, ce caractère exceptionnel n’apparaît pas.
L’évaluation de la qualité de la recherche ne se satisfera peut-être pas de la publication de quelques notes de jurisprudence aux Petites Affiches. En outre, il n’y a pas nécessairement assez de revues pour publier tout le monde, notamment en droit public, où les accès à la publication sont plus difficiles qu’en droit privé.
Il est évident que le projet de décret menace bien plus les maîtres de conférences, et notamment les plus jeunes d’entre eux, que les professeurs chevronnés.
Tout cela est très inquiétant et exigerait des réactions. J’espère que les syndicats d’enseignants-chercheurs parviendront à faire échec à ces dispositions nouvelles concernant le possible alourdissement des charges par la volonté du seul Président, et sur la base d’une évaluation qui ne pourra qu’être éminemment subjective.
On remarquera aussi que les temps consacrés à la correction des copies et des examens, considérables dans l’enseignement supérieur, n’ont pas été intégrés aux obligations de service, alors que si je me souviens bien, le rapport Belloc l’avait proposé.
Au contraire, le décret précise que les 128 heures de cours n’englobe pas le temps dédié au contrôle des connaissances et différentes missions d’enseignement “d’intérêt public”.
Ainsi, une nouvelle fois, on s’empare de rapports d’experts qui se voulaient nuancés, pour en réalité s’en servir pour serrer la vis des personnels concernés.
Rien de nouveau sous le soleil, hélas.
Je poursuis mes quelques remarques.
D’après ce que je comprends du projet de décret, l’activité d’enseignement ne fera l’objet, elle, d’aucune évaluation. Cela peut se comprendre, car l’évaluation objective de la qualité d’une pédagogie semble impossible. L’ennui, c’est qu’il n’y aura aucun égard au dévouement et au sérieux d’un enseignant-chercheur dans son activité d’enseignement, pour la détermination de son service. Ce ne sont pas toujours ceux qui publient le plus qui accomplissent le mieux leur tâche s’enseignement…
A mon avis, ce projet de décret offre une arme aux présidents d’université pour alourdir les charges des enseignants-chercheurs les moins en situation de protester, à savoir le plus souvent les maîtres de conférences.
Etant donné qu’avec la loi sur l’autonomie des universités, désormais chaque université gère son propre budget, il y a fort à craindre que pour de simples raisons financières, certains présidents soient amenés à charger la barque des enseignants de l’Université qu’ils dirigent. Il leur suffira pour ce faire, de puiser dans la litanie des charges annexes à l’enseignement proprement dit, qui figure dans l’article 7, I, 1°. Cette litanie ne figurait pas dans l’article 3 du décret du 6 juin 1984, qui était rédigé de manière beaucoup plus sobre, et peut servir aisément de prétexte, le cas échéant, à l’imposition d’un alourdissement des tâches à certains.
Bref, le nouveau texte fragilise grandement notre position et augure fort mal de l’avenir. Mais devait-on s’attendre à autre chose de la part de ce gouvernement qui n’a de cesse de vouloir casser le statut de la fonction publique ?
Sur le site “Sauvons la recherche”, on peut lire une lettre d’Axel Kahn, président de Paris V, aux enseignants-chercheurs de cette université. Il y indique que le projet de réforme permettra une évaluation de l’enseignement également. Personnellement dans le projet de décret, je ne vois pourtant de modulation de services possibles qu’en fonction de l’évaluation des activités de recherche.
Oui certains sont de mauvais enseignants, oui certains ne réalisent pas la recherche qu’ils doivent par leur statut, oui certains se désintéressent de l’administration de leur établissement.
Faut-il pour autant détruire le seul ciment de notre édifice, notre statut. Les failles du système, comme tout système humain, permettent-elles de conclure que les enseignants-chercheurs français exerçent si mal leur métier ?
Je ne le crois pas et si le projet devait aboutir en des termes aussi flous, nous irons tous vers une caporalisation qui en pratique ne sera guidée que par des raisons autres que l’enseignement (exclue des critères d’évaluation) et la recherche. Les remèdes seront pires que les maux.
Je suis déçu et inquiet.
Question subsidiaire : L’article 7 § 2 prévoit que la qualité des activités de recherche évaluées par le CNU doit permettre de diminuer (sic!) le service. Comment le CNU dont la tâche est déjà très importante va-t-il trouver le temps et les ressources humaines pour faire face aux nombreuses demandes (je ne doute pas des qualités scientifiques de l’immense majorité de mes collègues) dont il va être saisi. Le CNU a-t-il déjà des critères d’évaluation ? Le Président ou le directeur de l’établissement (IUT, IAE, etc. ?) seront-ils tenus par une appréciation seulement scientifique ?
Question infiniment subsidiaire :
Doit-on comprendre que les “extérieurs” aux établissements (les professionnels) sont concernés lorsqu’ils occupent des postes d’enseignants-chercheurs, MCF ou PR ?
De toute évidence, d’après les textes, le président doit prendre en considération l’avis du CNU, mais il n’est pas lié par lui. Il n’a pas “compétence liée” (c’est comme ça qu’on dit en droit administratif, non ?). Un avis défavorable du CNU servira simplement de prétexte à un alourdissement du service pour certains.
Autre remarque : dans une université donnée, l’allègement éventuels de services pour certains, se traduira fatalement par un alourdissement de services pour d’autres. En effet, l’article 4-II dispose : “Les principes généraux de répartition des obligations de service et les décisions individuelles d’attribution de services ne peuvent conduire à dégrader le potentiel global d’enseignement, tel qu’il est prévu dans le contrat entre l’Etat et l’établissement.”
Quant aux critères d’évaluation de la recherche, personne ne pouvant justifier objectivement une appréciation portée sur la qualité d’une publication, ils seront fatalement quantitatifs et arbitraires : nombre d’articles publiés, volumes, prestige de la revue où ils ont été publiés.
L’évaluation de l’enseignement, elle, n’est pas prévue par les textes et, au demeurant, elle est impossible.
On va vers un système à l’anglo-saxonne, avec tous ses effets pernicieux… Si ce n’est que les droits d’inscription étant beaucoup plus élevés outre-Manche ou outre-Atlantique (je ne dis pas que c’est bien, au contraire, mais c’est un fait), les universités y ont des moyens autrement plus conséquents mis à la disposition des enseignants-chercheurs. En France, on ne risque pas de toucher au montant des droits d’inscription : trop dangereux… Donc les conditions de travail quotidiennes des enseignants-chercheurs ne pourront guère être améliorées dans l’ensemble.
Cela dit, interrogez les maîtres de conférences britanniques, pour leur demander s’ils sont satisfaits de leur sort. Je doute qu’ils vous répondent par l’affirmative, dans l’ensemble. En prenant en compte le coût de la vie, beaucoup plus élevé au Royaume-Uni qu’en France, ils ne vivent pas mieux que leurs collègues français. En revanche, leurs charges d’enseignement sont en général sensiblement moins lourdes et leurs conditions de travail meilleures. Mais les exigences qu’on leur impose en termes de recherche et de publications sont délirantes.
La différenciation de traitement va contribuer à mettre une ambiance atroce entre les enseignants. Quel chef d’établissement voudra se mettre à dos une partie de ses collègues ? Question très subsidiaire ; qui va évaluer les membres du CNU ( auto-évaluation ?)
Le seul critère objectif pour apprécier la recherche serait de constater l’absence totale de publication pendant un long délai (10 ou 15 ans). Les autres critères fondées sur la qualité des articles ou des revues sont trop subjectifs voir pernicieux (certaines revues ne publient que les professeurs et la tendance ne va pas s’améliorer).
Entièrement d’accord avec 115 sur les revues qui se spécialisent dans les travaux des professeurs et que les MCF repèrent maintenant.
En revanche, le délai que vous proposez est trop long ! Deux ans sont suffisants.
Quant à l’évaluaiton du CNU ( 114), question tabou parce là, il y aurait de grosses surprises. On se demande toujours encore pourquoi certains en sont membres.
Je ne voulais en réalité pas parler de l’évaluation des membres du CNU en tant que tels, mais de leur évaluation en tant que chercheurs, comme ce que chacun d’entre nous devra connaître si le décret passe : peut-on imaginer que l’un d’entre eux sera pointé du doigt par ses pairs comme écrivant de façon insuffisante ( en qualité, ou quantité, on ne sait plus…) ?
Il me semble que l’AERES a fixé des critères pour l’évaluation des recherches dans le cadre de l’activité des labos ( 4 écrits sur 4 ans). A vérifier ; les critères CNU pourraient être différents.
Une pétition de “Sauvons la recherche” circule contre le projet de décret modificatif du décret 84-431 du 6 juin 1984 fixant le statut des enseignants-chercheurs.
Il est possible de la signer en se rendant sur le site de ce Syndicat (je précise que mon message est individuel et que je n’agis au nom de personne en portant cette information à la connaissance des lecteurs et intervenants de ce blog) :
http://www.snesup.fr/navigation/general/page.php?ndoc=3645
Je rappelle que le projet de décret, d’après l’analyse rapide que j’en ai faite précédemment :
- allonge la liste des charges incombant aux enseignants-chercheurs en plus de leurs heures de cours par rapport au décret de 1984 (articles 3 et 7),
- prévoit une modulation des services à la discrétion des présidents d’université, qui risque de se traduire par un alourdissement des charges de nombre de maîtres de conférences (article 3),
- n’inclut pas dans le service le temps passé à la correction des copies et à la préparation des examens (article 3), alors que les différents rapports sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs avaient insisté sur la nécessité de les prendre en compte (notamment le rapport Belloc), si du moins j’ai bonne mémoire.
Pour répondre à Stéphane Robine, oui, évidemment, ce projet, s’il était promulgué en décret, tordrait le coup aux heures supplémentaires rémunérées et enfermeraient certains maîtres de conférences dans un cercle vicieux. Certains enseignants ont, il est vrai, abusé du système des heures supplémentaires, mais il n’est pas normal que le plus grand nombre paie pour les abus d’une petite minorité.
Pour répondre à “Allons enfants”, je vois mal effectivement les membres du CNU, déjà souvent submergés, être en mesure de faire une analyse qualitative des travaux publiés par l’enseignant-chercheur soumis à évaluation. Je crains qu’ils n’en soient réduits à se fonder sur le prestige de la revue ou de l’ouvrage, et sur le nombre d’articles ou de pages, pour procéder à cette évaluation.
Pour ce qui est de l’évaluation de la qualité de l’enseignement, le projet de décret ne prévoit rien, et elle est d’ailleurs impossible à mettre en place, à mon avis.
Pétition d’un regroupement de Maître de conférences de Nanterre contre le projet en cours de réforme du statut des enseignants-chercheurs :
http: // coordinationdesmcf.blogspot.com/
Analyse critique du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs sur le site “Sauvons la recherche” :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2206
Bonjour,
il existe dans des universités un mouvement contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.
Les inquiétudes semblent rassembler des PR et les MCF.
RÉSOLUTION
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ENSEIGNANTS DE LA FACULTÉ DE DROIT DE STRASBOURG
Alarmée par le projet de décret portant statut des enseignants du supérieur actuellement en discussion,
S’indigne de ce qu’il comporte des atteintes graves aux prérogatives qui sont traditionnellement celles des professeurs et maîtres de conférences de l’enseignement supérieur,
Rappelle que les universitaires ne peuvent s’acquitter de leur mission de recherche et de transmission de ses résultats qu’à la condition de bénéficier pour ce faire du temps, de l’indépendance et de la sérénité nécessaires,
Constate que les principaux éléments du dispositif actuellement envisagé ne respectent pas ces impératifs : la carrière et le service de chacun sont livrés au bon plaisir du président d’université et d’un conseil d’administration qui ne comportera que peu ou pas de spécialistes de la discipline considérée et sera donc inapte à prendre avec impartialité et justice les décisions qui lui incomberaient, au risque du clientélisme ; la « sanction » envisagée à l’encontre de ceux qui seraient jugés ne pas justifier d’une recherche de qualité suffisante est l’accroissement de leur service d’enseignement, ce qui est pour le moins paradoxal et traduit un singulier mépris pour les étudiants ; le conseil national des universités, seule instance nationale à la fois représentative et constituée de spécialistes de la discipline, voit ses jugements dotés d’une simple portée consultative ; des tâches accessoires à la recherche et à l’enseignement se multiplient et sont censées constituer la mission des universitaires alors qu’elles devraient, pour l’essentiel, relever de l’administration des universités,
Demande que l’administration de l’éducation nationale consacre son énergie à aider dans leur tâche les enseignants-chercheurs et non pas, comme depuis de trop nombreuses années, à inventer de nouveaux dispositifs destinés à les surcharger d’activités annexes, tout en faisant peser sur eux un soupçon permanent,
Exige que ce texte, attentatoire aux libertés universitaires telles qu’elles sont conçues en Europe et dans l’ensemble du monde libre, soit retiré ou amendé de manière à sauvegarder le caractère national du statut des universitaires, élément indispensable de la protection de l’indépendance des professeurs et maîtres de conférences de l’enseignement supérieur, principe de valeur constitutionnelle.
Pour manifester avec force sa vive préoccupation, l’Assemblée décide de surseoir à la communication des notes des examens du premier semestre et déclare qu’une grève sera déclenchée si les revendications qui viennent d’être exprimées n’étaient pas prises en compte. Elle tient à marquer qu’elle regrette profondément de devoir recourir à de telles mesures, qu’explique seule la gravité des orientations envisagées par le gouvernement. Il y va de l’avenir des étudiants et de l’université
Je me permets de reprendre ce post pour avoir été présente à cette Coordination et, faute de pouvoir rendre compte comme il le mériterait de l’énorme élan de détermination qui animait cet amphithéâtre bondé, empli de délégués d’Universités venus de la France entière :
“Chers collègues,
Après d’intenses débats et plus de 4 heures d’AG, la coordination nationale des universités a voté aujourd’hui les motions suivantes, transmises par une collègue parisienne qui était sur place. Ce mouvement est sans précédent, il est donc important de diffuser l’information ci-dessous.
Philippe RAIMBAULT
Professeur de Droit public Université de Limoges
La coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universités. Elle a voté les motions suivantes :
Motion n°1 :
La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.
Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :
1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré
l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée :
le 2 février 2009 l’université s’arrête
Unanimité moins 3 voix contre
Motion n°2
La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements
à diffuser largement autour de vous
Tous en grève le lundi 26 !
Une grande partie des enseignants de la faculté de droit de Paris 5 (la fac de réputation UMP par excellence) sera en grève le 26… c’est dire !
Chers collègues Maîtres de conférences juristes je vous recommande la plus grande prudence…
En effet, depuis peu nos nouveaux amis Professeurs nous couvent, ils nous demandent de signer leur belle pétition (menée par Drago)… brefs nous sommes Collègues, au sens noble du terme… presque égaux face au danger…
Mais figurez-vous que dans certains dîners en ville il se murmure que ces mêmes Collègues, pour sauver leurs situations et leurs avantages, ne seraient pas totalement opposés à voir le régime des MCF aligné sur celui des PRAG !
Donc danger, ces pétitions et ces grèves les faisons-nous pour nous tous ou seulement pour eux ????
Un tel alignement serait scandaleux.
Pourrons nous obtenir des concessions du ministère si nous sommes divisés entre enseignants-chercheurs ?
L’intérêt de tous me semble d’être unis contre le décret scélérat.
@Méfiance
Moi aussi, cette union inattendue entre MCF et Pr m’étonne ( pas du côté des MCF) connaissant la réputation particulière des principaux protagonistes qui mènent la barque, ( Sudre, Drago, ect).
J’espère que l’on ne sera pas le dindon de la farce.
Tout à fait d’accord sur les bruits qui courrent.
En revanche, pour rassurer, je sais qu’il y a des MCF engagés dans le mouvement et qui ne sont pas du genre naif ou dupe et sauront nous défendre. Je leur fais confiance.
Mais, c’est vrai qu’il faudrait des garanties vis à vois des Pr qui pourraint jouer double jeu sur cette idée qui se propage (l’alignement PRAG et MCF).
Merci pour cette descente sur terre. L’idylle était trop belle pour être vrai et restons sur nos gardes.
Il ne faut pas être naïf :
- l’intérêt du corps enseignant (PR & MCF) est d’être uni
dans la résistance
- mais il est évident également que le ministère pourrait tenter de nous diviser pour nous affaiblir en proposant au PR de limiter la casse au MCF, ce que certains PR seraient bien inconscients d’accepter car ce ne serait à l’évidence qu’un début cad un cheval de Troie ! Et ils y passeraient eux aussi à la fin !
Le Ministère se contre-moque complètement de la différence entre un agrégé et un non-agrégé , ce sont des distinctions d’un autre temps. Pour lui, on est tous des fonctionnaires qu’il faut mettre en rang.
En conséquence :
- Il faut s’unir
- Il faut exiger des garanties, pour ne pas être bernés… temporairement.
En clair, quand le Titanic coule, que vous soyer en Ière classe ou en IIème classe, vous allez boire de l’eau salée, et il est idiot de vous imaginer que votre smoking YSL (l’agrég.) va vous sauver dans une eau à 7° !
De toutes les manières, si les Pr s’aventuraient, d’après ce qui se raconte, à conclure avec Mme Pécresse sur le dos des MCF, et lui permettant d’éviter ainsi l’explosion au niveau des facs, faisant toutefois mine de lutter avec nous, cela éclaterait nécessairement au grand jour …
Nous en sommes au niveau des rumeurs qui déjà se répandent à grande vitesse. Alors, j’imagine s’ils étaient pris la main dans le sac …
C’est pour cela qu’iil faut faire attention.
C’est vrai que smoking YSL ou non, ils coulent avec nous sauf s’ils parviennent à négocier quelque chose en échange de leur soutien à la réforme, un soutien dont rêve Pécresse).
Les gens du ministère sont de fins négociateurs …Bref, soyons vigilants.
Juste un petit coup de gueule :
Je suis mcf en droit.
Autour de moi, dans mon université, les PR sont des sarkozystes pur jus. Silence radio sur la réforme. Pas un qui bouge sauf un privatiste.
Ce sont les MCF et des Pr d’autres disciplines qui bougent.
Alors, je sais qu’en droit, ( sauf droit du travail, c’est particulier) on n’est plutôt de droite, mais à ce point-là, c’est démentiel.
Alors, les Pr juristes qui sont à la tête du mouvement, c’est certainement une association intéressée. Elle nous coviendra entièrement tant qu’elle portera nos intérêts devant Pécresse et consorts.
Rassurez-moi : juriste et de droite sont synonymes ?
Classeriez-vous Carbonnier à droite? Les juristes ont tendance à être conservateurs, certes, et en plus, leurs moyens d’action sont assez conventionnels (élaborer ou critiquer un projet de loi versus tenir le pavé). Cela suffit-il à les enfermer sous une étiquette?
Le syndicat autonome (classé à droite) appelait à la grève lundi. Certains professeurs (de droite) ont fait grève (une première depuis 1968 ou au moins depuis leur entrée à l’université). C’est dire que l’opposition à certains aspects de la réforme ne se limite pas à un camp politique.
Il reste qu’il faut se méfier des Pr juristes qui négocient en ce moment sur notre dos au niveau du ministère avec Pécresse.
On l’a su à travers différents documents qui commencent à à circuler …
Personnellement, je suis certain que leur action va être déjoué car les maîtres de conf qui sont dans le mouvement ne sont pas des tendres .
@ Méfiance.
Les membres du CNU, notamment les présidents des sections 01 et 02, qui apparemment ont rencontré Valérie Pécresse le 26 janvier n’étaient visiblement pas mandatés par le Collectif de défense de l’Université, animés par MM. Beaud et Drago.
Ou alors, j’ai rien compris au film.
Désolé de squatter ce blog. Mais je voudrais ajouter encore une observation à ma réaction précédente.
La réforme des statuts est pilotée de l’Elysée. L’apôtre de la modulation des services et de l’enseignement punition a un nom : Bernard Belloc, ancien président de l’Université de Toulouse, auteur du rapport du même nom et aujourd’hui conseiller spécial de Nicolas Sarkozy pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Le pouvoir de décision ne se situe donc pas nécessairement au Ministère des universités, au moins pour une grande partie.
Connaître la réalité de la répartition des pouvoirs ou, tout au moins, la conjecturer, n’est pas inutile en ces temps de crise.
A la réunion du 26/01 avec Pécresse et la “représentation élyséenne”, c’est Sudre , et d’autres, qui sont alllés négocier pour ne pas dire céder sur des points clés.
Il n’y avait ni Drago ni Beaud.
Etaient-ils au courant et Sudre agissait-il sur mandat des Pr de droit ? Mystère …et tout ceci sent le coup en douce.
“Etaient-ils au courant et Sudre agissait-il sur mandat des Pr de droit ?”
La tenue de cette réunion du 26 avec les représentants juristes du CNU était connue à l’avance, c’est même Valérie Pécresse semble-t-il qui l’avait proposé : elle cherche visiblement à ouvrir une brèche dans le front du refus qui se dresse contre son décret.
DIVIDE AND DEFEAT, telle est la devise inavouée de la ministre, faut-il le rappeler à nouveau.
D’un autre côté, il était logique que les juristes défèrent à l’invitation : ce n’est pas en refusant de parler qu’on fait avancer les choses.
M. Sudre était naturellement présent à cette réunion, puisqu’il est président de la section 02 du CNU. De même que le président de la section 01, M. Beignier l’était. Mais cela n’implique nullement que l’un ou l’autre ait reçu un quelconque mandat pour négocier de la part du collectif de défense de l’université. Sinon les compte-rendus des réunions de ce collectif, disponibles sur internet (voir le site “Sauvons l’université”), en feraient état, me semble-t-il. Maintenant, moi, je ne suis pas dans le secret des dieux ; mais je ne suis pas non plus suspicieux par nature.
De toute façon, à l’issue de cette réunion avec la ministre, force est de constater que si la ministre tente de rassurer, aucune avancée sérieuse n’a été constatée. La vérité est que la ministre refuse une véritable négociation.
Pour le moment, c’est donc le statu quo et on s’oriente vers un conflit dur.
Les pires craintes semblent se confirmer. Voici un courrier d’un politiste très attentif à la chose :
” Chers collègues,
L’affaire
des professeurs de droit négociant au ministère avec pour perspective une
modulation acceptable se faisant sous contrôle des CNU est extrêmement grave.
La “Position du Groupe 1″ (sections n°01- droit privé, 02 – droit
public, 03 – histoire du droit) avancée auprès de la ministre par Frédérique
Sudre (cf.: doc. joint “Réunion ministère…”) n’est pas une
improvisation : elle se dessinait dans les réunions “des juristes”
(une minorité… mais une minorité dirigeante) depuis plusieurs semaines (cf.:
doc joint “Juriste6janvier”) dont la motion du 6 janvier, qui sert de
référence au mouvement de grève de ces juristes, indique : “Que la
modulation du service si elle était instituée ne puisse être décidée qu’en
fonction de critères objectifs définis au niveau national, et assortie
de recours
appropriés.” Cette position est relayée Dominique Rousseau dans une
tribune publiée par Le Monde d’hier (ici) ; elle est relayée par de
nombreux doyens d’UFR dans les Faculté de droit
auprès de leurs collègues (cf. doc joint
“LettreDoyenUniversitéPicardie”).
Première
remarque :
A ma connaissance, la section 04 – Science politique, dont les
responsables ne participaient pas à la délégation auprès de Pécresse,
s’est vue
citée bien au-delà de son engagement réel, dans la plateforme “Position du
Groupe 1″, les membres de la section 04 n’ayant pas participé à
l’élaboration de cette plateforme.
Deuxième remarque : Au moment où la coordination nationale des
universités, dans une motion reprise déjà par de très nombreuses universités,
appelle à un retrait sans préalable du décrets EC, la démarche de quelques
Professeurs de droit, allant négocier au ministère des amendements au
projet est une véritable trahison du mouvement en cours. Il était déjà
regrettable de voir ces juristes appeler à des réunions séparées des autres
disciplines au moment où d’autres collègues uvraient pour rassembler le plus
largement possible en vue d’une coordination nationale… mais l’on devait
alors se taire par respect des traditions de chacun et sens tactique en faveur
des convergences. Il était regrettable encore de voir ces juristes là absents
de la coordination nationale du 22 janvier ; mais on devait alors
faire mine de
l’ignorer par souci de ménager leur propre mobilisation. Cependant cette
rencontre avec la ministre avec un tel texte qui va à l’encontre de la motion
adoptée par la coordination nationale leur fait franchir une ligne rouge.
Troisième remarque : Au danger d’un compromis sordide – parce que limité
à sauver le pouvoir du CNU ! – auquel se rallieraient certains juristes (tous,
heureusement, ne sont pas de cet acabit !), les syndicats les plus à droite et
la frange molle du mouvement s’ajoute celui de voir ce groupe minoritaire
lâcher la deuxième revendication du mouvement concernant les concours du
secondaire pour lesquels les juristes ne se sentent évidemment pas concernés,
leur sens du service public n’allant pas jusqu’à prendre des risques
ou assumer
des coûts de mobilisation pour autre chose que leurs propres nombrils. En
outre, même si ils sont minoritaires, ces juristes là menacent l’unité du
mouvement, dans un moment difficile pour la profession toute entière.
Quatrième remarque : Il faut enfin se demander pourquoi certains
professeurs de droit semblent pouvoir s’accommoder d’une modulation sous
contrôle du CNU quand toute la profession aujourd’hui rejette le principe même
de la modulation ?
Le problème peut être abstraitement modélisé ainsi : soit deux groupes
d’individus quelconques, le groupe A et le groupe B. Ces individus
sont obligés
de s’évaluer individuellement pour se répartir des charges en sachant qu’aux
plus mal notés reviendront les plus lourdes charges. Les individus du groupe A
participent aux décisions d’évaluation relatives aux individus du groupe B…
mais les individus du groupe B ne participent pas aux décisions d’évaluation
des individus du groupe A. Si l’on tient ces individus pour
économiquement rationnels et que l’on suppose qu’ils cherchent à réduire leurs
charges, qu’elle sera tendanciellement l’attitude des individus du groupe A
lorsqu’ils évalueront leurs pairs d’une part et lorsqu’ils évalueront ceux du
groupe B d’autre part ?
Pour le dire autrement : dans une configuration du CNU où les Professeurs
d’Université (PU) co-décident sur les dossiers relatifs aux Maîtres de
Conférences (MCF) et où l’inverse n’est pas vrai, l’option d’une
modulation des
services sous contrôle des CNU est totalement inacceptable pour les MCF, à
moins de la lier à une dissociation complète des deux corps pour
l’évaluation /
gestion des carrières ou au contraire à une réunification des deux corps
en un corps unique. Faute de quoi, l’asymétrie des deux corps dans la
procédure de décision – et il n’y a pas besoin d’avoir fait vingt ans de
science politique ou de science économique pour le comprendre – conduira
inéluctablement à une moyenne de notation plus élevée chez les PU que chez les
MCF. La production de cette différence sera d’autant plus tentante, que les PU
en formation restreinte seront contraint de se ménager réciproquement en se
notant très haut, qu’elle viendra conforter symboliquement la supériorité
“méritocratique” d’un corps sur l’autre, et qu’elle aura pour effet
d’assurer par le jeu de l’évaluation / modulation le transfert d’un corps vers
l’autre des charges supplémentaires que le gouvernement ne veut pas financer
(administration, insertion professionnelle, recherches de fonds, pédagogie à
distance, enseignements supplémentaires, etc.).
La motion “Position du Groupe 1″ (sans la 04-science politique)
confirme les échos venant du terrain sur le sentiment de privilèges et
d’immunités de nombreux PU de droit (tous heureusement ne sont pas
comme cela).
En l’état des relations hiérarchiques très marquées entre Professeurs des
Universités et Maîtres de Conférences au sein de disciplines juridiques (dans
les UFR, maisons d’éditions, laboratoires, cabinets de consulting…), où la
recherche scientifique ne compte guère dans les choix de promotion, l’option
d’une modulation des services sous contrôle du CNU donnera aux premiers toute
latitude d’utiliser l’asymétrie des relations entre les deux corps au sein du
CNU pour évaluer tendanciellement les PU très haut et les MCF très
bas…. donc conforter symboliquement la supériorité des uns sur les
autres et transférer des premiers aux seconds des charges diverses et
variées selon un modèle antérieur à 1968. Et même si il y a incontestablement
un tropisme “juridiste” à cet égard, les risques de contagions aux
autres disciplines ne sont pas négligeables.
Il y a là cinq motifs à une explication franche et massive qui n’a sans doute
que trop attendue depuis un mois et demi que l’on voyait se dessiner la
démarche de cette minorité dirigeante en droit par petites touches successives
et qui aboutissent aujourd’hui : 1) à avancer dans le dos de la
coordination nationale et contre son appel à un retrait sans préalable des
textes ; 2) à lâcher la revendication de maintien des concours des premiers et
deuxième cycles ; 3) à préparer un retour à la différenciation /
hiérarchisation des corps de MCF et PU ; 4) à occulter les enjeux relatifs aux
autres catégories de personnels de l’université (dotations budgétaires,
précarisation des biatoss, contrat doctoral, enseignants précaires…) ; 5) à
menacer de division le mouvement dans un moment crucial ou il importe
de rester
unis.
Tout cela justifie, à mon avis, que les syndicats, les associations et la
prochaine coordination nationale préparent dès maintenant leurs
réactions si il
venait à Sarkozy & Précresse l’idée de désamorcer le conflit en
sortant du chapeau un décret amendé dans le sens souhaités par ces juristes et
auxquels se rallieraient alors tel(s) ou tel(s) syndicat prompte au compromis.
D’autre part, il est dangereux pour l’unité du mouvement que ce groupe de
juristes ambigües dispose d’un monopole d’expression publique au nom “des
juristes”. Il est grand temps que les nombreux collègues juristes qui ne
se reconnaissent pas dans cette démarche s’expriment publiquement (tribune,
pétition, motion, etc) pour rallier les assemblées générales
multidisciplinaires ainsi que la coordination nationale qui réunit aujourd’hui
toutes les organisations, toutes les sensibilités et la très grande
majorité des
universités.
Bien cordialement,
Jérôme Valluy
MCF Science politique Paris 1 “
Dans un souci d’efficacité, FAITES CIRCULER CE COURRIER.
Considération importante : nous travaillons dans un milieu où la distinction MCF/PR est très très marquée. Mais les 3 sections droit, sur ce coup, est très isolée. Les PR qui collaborent pour se négocier une courageuse sortie ne sont pas nombreux.
De surcroît, même de leur point de vue, ils se trompent. Le ministère nous faisande d’abord avec leur soutien. Et après, une fois entré dans la citadelle, ils les faisandera eux aussi. Manifestement, en stratégie, ce sont vraiment des incompétents. Il n’y a que les fous pour sacrifier la première ligne en se disant qu’après tout on est qu’en troisième ligne. Encore une stratégie aussi brillante que celle de la ligne Maginot…
Moralité : les experts en stratégie et en négociation sont du côté du ministère, pas du côté des juristes.
Bravo à ce politiste.
Il a vraiment bien cerner l’affaire.
On a un vraiment un souci en droit par rapport aux autres disciplines ( méritocratie, supériorité hiérachique très marquée, sanctions implicites, loi du silence, ..).
Je commence à me poser des questions sur la durée du mouvement et si les juristes que nous sommes iront jusqu’au bout.( cf cette pitoyable anecdote du 26 janvier, toujours les mêmes au passage).
Question :
à partir du 2 février, grève illimitée ( rétention de notes, ect ..) si non retrait du décret statutaire. OK.
Mais, si des Pr juristes pro-gouvernement ( vous voyez ce que je veux dire ..) corrigent leurs copies, les remettent au secrétariat, demandent à leur chargés de TD de corriger les copies et plus tard d’assurer les enseignements, bref ne jouent pas le jeu, l’affaire, pour ne pas dire la résistance à Pécresse, tombe à l’eau.
Please, des explications sur ce sujet ou comment contourner les Pr de droit sarkozystes …
Bonjour,
Pour aller dans le sens de l’analyse politiste et montrer la dangerosité d’une modulation pour nous les MCF.
J’ai posé la question suivante à mon Doyen.
Si tu devais donner un nom au Président qui exige, dans le cadre du nouveau décret, une modulation des services. Qui désignerais-tu pour faire (gratuitement) plus d’heures d’enseignement entre un Professeur bien connu de notre Faculté qui n’a plus rien écrit depuis 20 ans (!!!) et un MCF qui publie raisonnablement ?
Long silence….
Le bruit court que les professeurs de droit conduits par le Président de la 02 auraient convaincu un certain nombre de professeurs, notamment des membres de la section 01 …
En effet, certains auraient été sensibles aux propositions avancées par la ministre sur le rôle du CNU.
Si Pécresse annonce ces amendements au décret, beaucoup ne feront pas la grève lundi.
A ceux-là, il faut ajouter ceux qui sont restés jusqu’ici silencieux et sont favorables au décret car ils considèrent qu’ils font trop d’heures de cours alors qu’ils publient.
Encore une fois, les juristes vont se faire remarquer.
Heureusement que la 01, 02 et 03 ne représentent pas toute la coordination nationales, parce que là le décret passerait facilement.
Il ne faut surtout pas céder ou penser s’en tirer pour sa propre discipline …
Les juristes sont mal considérés à l’extérieur de leur section par les autres composantes de l’Université. Pour avoir beaucoup d’amis en sciences exactes ou sociales ainsi qu’un lettre (philo y compris), et quelques uns en médecine, je peux confirmer ce fait : les facs de droits, en fait leurs excès (le mandarinat, le fonctionnement réel de l’agrégation, la proximité avec le pouvoir, etc.) sont très décriés. En se lançant dans une “sortie avantageuse” au détriment des pauvres soldats de première ligne, ils vont se mettre (si c’est effectivement ce qui arrive) toute l’université à dos. Il y aura certainement un prix à payer pour eux après la bataille…
Décidément, la stratégie se trouve du côté du ministère, pas du leur. Les mandarins qui se lancent là dedans ne se rendent pas compte de ce qui va leur arriver. Le déluge ne les épargnera pas. Quel cynisme, et quelle ingénuité !
Bonjour!
Je suis pour l’instant un moins que rien : ni MCF, ni Prof, même plus ATER… mais je vais tout de même me permettre d’intervenir, en retard, sur le post de Valérie P. et les feux nourris qui s’en sont ensuivis.
Peu importent les “mérites” de chacun dans son travail quotidien, entre MCF et prof, il existe une hiérarchie qu’il n’est pas possible de nier. Je ne dis pas que les premiers n’ont pas droit à être entendus (au contraire), ni qu’un MCF est plus mauvais enseignant-chercheur qu’un Prof (c’est ridicule), mais sur la question de la hiérarchie fondée sur le mérite, Valérie P. n’a pas tort : les professeurs ont passé et réussi un concours, au contraire des MCF.
Je suis moi-même en pleine préparation du concours d’agrégation, depuis plus de sept mois déjà. J’ai du lire tous les manuels de la matière, en retenir les grandes lignes, m’astreindre à faire des leçons claires et structurées en un temps donné (en moyenne une par semaine depuis deux mois), et réaliser des bibliographies exhaustives. Je suis en étroit contact avec trois futurs concurrents sérieux, et leur vie ressemble, malheureusement pour eux, à la mienne.
J’en ai tiré deux leçons : tout d’abord, mes connaissances ne sont pas comparables à celles dont je disposais il y a sept mois. Entre les deux, il y a un univers. Ensuite, préparer le concours revient à mettre sa vie entre parenthèses pendant un an et demi au moins (rares sont ceux qui l’ont du premier coup, du moins dans ma matière).
Si j’obtiens ce concours, il est évident que je revendiquerai le statut qu’il m’octroie (ce qui ne veut pas dire que je mépriserai les MCF, mais que je nierai le principe d’une égalité entre les deux corps). Si je ne l’obtiens pas mais que je parviens tout de même à être MCF, je pesterai certes sur les démérites de certains professeurs, mais je n’oublierai pas pour autant que la hiérarchie qui existe entre les deux grades a un fondement, même si celui-ci est loin d’être parfait.
Maintenant, je ne voudrais pas que mes propos soient mal compris: il est évident que le comportement de certains professeur est totalement inadmissible, et que, sans les MCF, les universités ne pourraient pas fonctionner. Je voulais juste pester contre certains posts à consonance “revancharde” qui desservent la pertinence des revendications générales.
deux remarques…
j’ai présenté l’agrég 3 fois et j’ai été admissible… 3 fois… un record ? (la première fois on m’a dit que j’étais trop jeune ; la seconde fois que j’étais trop tendu ; la troisième fois… je ne me suis pas déplacé)… où suis-je ds votre hiérarchie du savoir ?
que faites-vous de la grande masse des professeurs qui sont agrégés internes (deux petites épreuves) et dont bcp n’ont jamais été admissibles ou sous-admissibles au concours d’agrég externe et des professeurs à la voie longue (et dont bcp ne transpirent pas le savoir) et des professeurs par des voies que seul le Seigneur peut comprendre (transformation d’un prof associé en prof statutaire, etc.) ?
Bisounours votre raisonnement vaut d’une part ds un monde où l’agrég serait incontestable et d’autre part ds un monde où tout professeur serait agrégé.
Sinon que la force soit avec vous pour le concours qui arrive !
@Bisounours
Et surtout que faites-vous des professeurs ( agrégation, voie longue, associé …) qui ne publient pas ou plus. Vous êtes en idolâtrie devant les professeurs ….
Votre raisonnement date de la préhistoire.
Heureusement que pour les MCF, les mentalités changent.
L’agrégation est une loterie pour rester poli.., vous le savez très bien et ça se trouve qu’elle n’existera plus dans quelques années ….
Bon courage pour cette loterie …
Quelle est (sont) la (les) justification(s) à l’existence de deux statuts pour le corps des enseignants-chercheurs ?
Si quelqu’un peut répondre sérieusement …