La tension monte
juin 11, 2007 par mcf01
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la récente création d’un Conseil National du Droit a soulevé un vif émoi auprès de nos collègues.
Passons sur la légitimité de ce conseil auto-proclamé pour nous concentrer sur le message porté lors de la réunion du 3 mai dernier : “Cette première rencontre rassemblait des universitaires ...” (B. Teyssié, JCP G, 2007, 159).
AUCUN MAITRE DE CONFÉRENCE PRÉSENT
- Quelle est cette vision de l’Université ? Les maîtres de conférences n’auraient pas leur mot à dire dans les réflexions à venir ?
- Quelle est cette attitude très méprisante qui consiste à se couper de plus de deux tiers du corps des enseignants chercheurs ?
- Faut-il organiser un boycott de toutes nos fonctions hors enseignements pour que les acteurs de ce “Conseil” se rendent compte de l’importance de notre rôle dans l’université ?
Les membres du réseau de maîtres de conférences que nous nous efforçons de mettre en place depuis quelques mois maintenant nous remontent tous la même information : le mépris affiché pour les MCF écartés de cette instance présentée comme un lieu de dialogue est vécu comme une injure qui ne saurait être acceptée.
Notre position est donc claire : nous demandons la désignation dans des délais brefs de maîtres de conférences au sein du Conseil National du Droit afin que cette instance soit véritablement représentative de l’enseignement universitaire.
Un courrier sera adressé en ce sens dans les prochains jours aux professeurs membres de ce conseil mais également à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Tous ceux qui partagent cette indignation peuvent se joindre à cette missive. (mcfdroit@yahoo.fr). Nous remercions par ailleurs l’ensemble des professeurs qui nous ont d’ores et déjà manifesté leur soutien.
D’accord à 200%. C’est une honte.
Nous sommes plusieurs sur Amiens, MCF mais également professeurs, à trouver le procédé peu cavalier. La contestation va s’organiser. L’idée d’un courrier est bonne pour commencer.
Je vous rejoint complètement. Je ne souhaite toutefois que mon nom soit mentionné car je ne tiens pas à finir dame pipi dans ma fac (les victimes de réunions d’attributions de cours comprendront)
J’ajoute que je reroute bien évidemment le lien à tous mes collègues.
Ce n’est pas parce que vous avez pris une boite aux élections d’hier qu’il faut vous la jouer contestation sociale.
Merci pour votre implication. C’est un grand n’importe quoi que ce “conseil” venu d’on ne sait où et sans consultation. Je passe sur la sotte remarque de “bandit”.
Il serait en effet plaisant de voir comment fonctionneraient les Facultés de Droit sans nous (hormis les enseignements bien sûr)
merci
Toujours les professeurs et jamais les maîtres de conférences ! Cette rengaine anime toujours ce site.
Une bonne fois pour toutes : si les enseignants-chercheurs sont divisés en deux corps, c’est parce que les membres du premier ont plus de mérite(s) que les membres du second.
Voltaire aurait écrit “Les bons entendeurs pourront profiter à cette lecture”
@Valérie P
Vous lancez là un fort intéressant débat. Un peu léger sur le plan argumentaire mais qu’importe.
“si les enseignants-chercheurs sont divisés en deux corps, c’est parce que les membres du premier ont plus de mérite(s) que les membres du second.”
Ainsi, il y aurait donc une explication : Le mérite …
Voilà une position bien surprenante et vous avez vous même le mérite de l’avoir exprimée. Après tout, peut-être reflète-t-elle l’avis commun. Nous sommes cependant un certain nombre à ne pas la partager car inscrite dans aucun texte et surtout contraire à bien des réalités universitaires. Il faudrait par ailleurs s’entendre sur le mérite dont vous parlez : de quoi s’agit-il exactement ?
Il est malheureusement à craindre pour vous que “la même rengaine” se retrouve encore et toujours sur ce site.
Cordialement
@valérie
Dans ma fac, je ne vois que rarement un agrégé. A leur décharge, l’activité en cabinet est assez prenante…
Lorsqu’il m’arrive d’en voir un, c’est pour fixer le thème du prochain colloque qu’”il” va organiser. Mes collègues et moi nous tapons les contacts, les invitations, la paperasse, l’administration …
Je me tape toute la campagne de collecte de taxe d’apprentissage dont “il” va décider l’utilisation, j’organise les enseignements du master qu’”il” dirige, j’assure le suivi des mémoires et des stages et enregistre les plaintes d’étudiants qui ne parviennent pas à “le” rencontrer …
Avec tout cela, je continue à publier régulièrement, ce qu’”il” ne fait pas.
Mérite dites vous ?
Une ligne de conclusion à l’attention des coordonnateurs du site pour dire que s’il faut durcir le ton voire les méthodes, j’en suis.
PS : Je compte de nombreux agrégés parmi mes amis. Je suis admiratif de leurs qualités et ils ne se permettraient en aucun cas de dire qu’entre nos deux corps il y a une différence de mérite.
Je ne sais pas s’il est d’usage pour un agrégé de poster sur ce site mais peu importe. Permettez-moi de vous dire combien votre initiative est heureuse. Je ne partage pas le point de vue de Valérie car il y a dans chacun des corps des gens méritants et, à l’opposé, des “erreurs de casting”. L’exclusion des MCF du Conseil national du droit est une ineptie qui à mes yeux ôte toute crédibilité à cette “instance”.
Bravo, continuez. L’université a besoin de gens qui bougent.
Fâcheuse évolution de l’université en vérité. Nous assistons avec une certaine impuissance à la création d’une faille entre les membres de deux corps pourtant amenés à travailler ensembles. D’un côté des professeurs agrégés qui estiment représenter à eux seuls l’Université. Ils la connaissent, ils en ont les clefs et eux seuls peuvent en parler. Ils ont plus de mérite (pour plagier “valérieP”). D’un autre des MCF que l’on dira peut-être chatouilleux de l’ego mais qui appuient quand même où ça fait mal et mettent le monde universitaire face à ses réalités et sans nul doute ses incohérences.
Bravo pour votre site, bravo de pousser au débat, à la réflexion sur notre statut et plus généralement sur l’université.
Seul bémol pour vous chers amis : vous montez en première ligne. Adieu voie longue, bonjour “blacklist”. En êtes vous conscients ? Moi oui. J’ai donc préféré rester anonyme.
Il est à craindre qu’il n’y ait méprise, s’agissant du Conseil national du droit. Certes, il est regrettable que ce qui a été ressenti comme une scission des enseignants en deux castes lors de l’élaboration du “rapport Truchet” soit prolongé dans ce conseil naissant. Mais son objet dépasse très largement celui des seules facultés de droit, et si les représentants de l’université ne sont que des professeurs, d’une part ils ne composent que la moitié environ du conseil, d’autre part l’essentiel d’entre eux sont membres du conseil à d’autres titres que celui de professeur (recteur, conseillers au ministère, doyen, président d’université). En outre, ce conseil national du droit n’a toujours d’autre existence que celle d’une association de fait, ce qui est bien peu.
Je profite de ce passage pour vous féliciter de cette initiative, qui mériterait d’être systématisée (je pense en particulier aux propositions formulées par les commissions). Un rapprochement avec ce que font les politistes (http://ancmsp.apinc.org/) serait-il envisageable ?
Les propos de Valérie P. ne méritent même pas d’être relevés, tant ils respirent la suffisance comme l’insuffisance de son auteur. Ce dernier doit davantage être plaint qu’autre chose, tant sa vision de l’université apparaît étroite et bornée.
Espérons seulement que dernière ce pseudonyme se dissimule un troll, et non le Ministre actuel de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Sinon, ça promet… Lol.
Le Conseil national du droit est une instance de fait qui s’est créée pour jeter un pont entre l’université et les milieux non universitaires. Il se veut un organe d’échanges de vue et de propositions. Ses membres sont les uns des praticiens du droit et, plus largement, des professionnels, les autres des professeurs.
Sans doute l’organe ne compte-t-il aucun maître de conférences. Mais les professeurs qui en sont membres ont, pour la grande majorité d’entre eux, voire la totalité, occupé des postes de responsabilité au sein de l’Université ou du Ministère de la recherche qui leur ont donné l’expérience nécessaire pour débattre des problèmes dont il est question au sein de cette instance. L’absence de maître de conférences au sein de cette instance officieuse s’explique par le fait que ceux-ci n’occupent presque jamais les postes de responsabilité qui les auraient qualifiés pour faire partie de ce conseil. La faute n’en incombe donc nullement aux membres du CND ! Il n’est peut-être pas inutile de suggérer au CND d’accueillir des maîtres de conférences, mais il ne me semble pas qu’il faille interpréter sa composition actuelle comme une volonté d’ostracisme à l’égard de notre corps : je n’y crois pas du tout !
De toute façon, le CND ne me semble pas avoir vocation à débattre du statut des Maîtres de conférences et ce ce sont les thèmes suivants qui doivent, à mon sens, mobiliser ces derniers : leur place à l’Université, dans la recherche comme dans l’enseignement, leurs garanties statutaires que l’autonomie des universités annoncées à grands sons de trompe pourrait mettre à mal, l’évolution de leur carrière et de leur rémunération, leur mobilité.
Merci pour vos messages particulièrement intéressants.
La question de la compétence des membres du conseil n’est nullement en cause. Nous les connaissons tous, nous avons été leurs élèves, travaillons avec eux et sommes un certain nombre à pourvoir dire que c’est un honneur.
Le débat n’est pas là. Ce qui motive la présente contestation c’est qu’il ait semblé si naturel de ne pas se poser la question de la présence des MCF en tant que représentants de l’université. Nous persistons à dire que se priver de la représentation de près de deux tiers des enseignants chercheurs, c’est partir sur de mauvaises bases. C’est également donner aux professionnels du droit une fausse image des réalités de l’université et nous ne pouvons l’accepter. Notre position reste donc la même : la désignation de MCF au sein du Conseil National du Droit et ce le plus rapidement possible.
@MCFdroitprivé. Nous confirmons que Valérie P est bien un troll.
Le CND en est à ses balbutiements (une seule réunion). C’est d’abord un formidable organe (une sorte d’assemblée constituante, hors-la-loi mais légitimée par l’autorité des professions que représentent ses membres) pour faire entendre la voix des juristes sur les questions du recrutement des professions juridiques et judiciaires et la réforme des études de droit en lien avec les praticiens. Les universitaires ne sont qu’un ordre dans cette assemblée qui doit encore établir son statut.
est là. Pour l’université, ils ont cherché à représenter les disciplines (privé, public, histoire du droit). Pour ce faire, ils ont choisi des personnes qui ont travaillé au ministère. J’aurais bien aimé y être mais je n’ai jamais occupé ce genre de responsabilité !
Je ne pense pas que l’absence de MCF soit délibérée ni même un acte manqué de dédain à l’égard d’eux. C’est un oubli. Lors de la première réunion, il a été constaté que les huissiers et la gendarmerie avaient été oubliés aussi… Ce sera sans doute réparé car des ajustements sont forcément nécessaires.
Les pères du CND (Didier Truchet et Bernard Teyssié) ont cherché à représenter toutes les professions, jusqu’aux métiers du chiffre (commissaires aux comptes). Même Science Po Paris (l’ennemi juré en ce moment…
Au total, nulle déclaration de guerre contre les MCF, à mon sens. Mais la composition du CND pourrait être utilement ajustée en vue de la prochaine réunion en octobre.
Bonjour à tous,
- Quels sont les critères du C.N.U. pour être “qualif” (grande expression universitaire des doctorants) ?! A cette question, je met au défi n’importe quel M.C. de répondre, a moins que … un volontaire ?
- Deuxième petite question, combien de thèse qualifiés péjorativement de “pro” ont été “qualif” cette année ? (Je ne parle pas evidemment des thèses parisiennes qui ont forcément une présomption simple de qualif)
- Petit constat sommaire, et oui les agrégés sont occupés par des cabinets d’avocats ou autres… Pourquoi ? Simplement parce qu’ils connaissent la réalité du marché, à 500 € l’heure de consultation pour certains, je pense que ca doit être relativement vrai.
La dissertation sur “le sexe des anges” pour etre qualifié semble n’interesser que les universitaire.
- Combien de M.C. connaissent le marché du travail ? Dans la fac ou je suis je ne m’avance pas en annoncant un chiffre inferieur à 5 (j’exagère, le Sud… surement 2)
- Alors, quand le CNU aura une vision réelle des besoins des sociétés ou des administration, alors oui, peut etre, les M.C. retrouveront du crédit… Mais d’ici la, l’agrégation me parait etre la meilleur solution pour ceux qui ont un peu plus d’ambition…
- Dernier constat personnel à mon sens, il serait bon pour beaucoup d’enseignants de ne pas revenir directement à l’école après les études, mais de voir un peu autre chose que l’école et l’université…
@Patrick Morvan
Merci d’avoir pris le temps d’apporter ces importantes précisions. Nous pensons effectivement qu’il s’agissait d’un oubli et qu’il avait fort peu de chance d’être réparé si nous n’avions pas attiré l’attention sur ce point.
@Laurent
Nous laissons à ceux qui le souhaitent le soin de réagir à votre message et notamment ceux siègent au CNU.
Sur votre formule “l’agrégation me paraît être la meilleure solution pour ceux qui ont un peu plus d’ambition” : il s’agit sans doute de votre part d’une mauvaise connaissance des règles du jeu universitaire.
@Laurent.
J’ai exercé comme avocat un bon nombre d’années avant de devenir mcf et de cesser en conséquence d’exercer. Je n’ai pas l’impression que cet acquis professionnel m’ait été d’une quelconque utilité dans ma carrière universitaire. Ce ne sont pas seulement les maîtres de conférences, mais aussi les professeurs, tout autant, qui sont insuffisamment au fait du monde du travail.
Vous dénoncez le flou des critères du CNU pour être qualifié maître de conférences. Personnellement je ne trouve pas les critères de l’admission au concours d’agrégation plus clairs et plus fiables.
Je n’ai pas l’impression que les agrégés aient une meilleure connaissance du marché du travail que les maîtres de conférences. Rien ne les qualifie davantage que ces derniers à ce sujet, le concours d’agrégation externe étant une suite d’épreuves fort académiques. Le fait de facturer ses services 500 € de l’heure n’est quand même pas la preuve d’une connaissance du marché du travail, ni d’un quelconque mérite !
L’exercice de la consultation, dont les aspects pernicieux ont été naguère dénoncé par Jean-Denis Bredin lui-même (mél. Hébraud, je crois), en est la parfaite illustration. Combien de fois ai-je parcouru des consultations d’agrégés qui, pour bien documentées qu’elles fussent, étaient éloignées des réalités pratiques et apparaissaient largement, voire purement de complaisance !
Les cabinets d’avocat qui, dans des litiges démarchent des agrégés, pour obtenir une consultation, cherchent surtout à développer une batterie d’arguments en s’abritant derrière un nom, sans trop se préoccuper de la pertinence de ces arguments.
Chercher à “arrondir ses fins de mois” en délivrant des consultations n’est pas nécessairement illégitime. En revanche, il est anormal que certains triplent ou quadruplent leur salaire en multipliant les consultations, au détriment, fatalement, de leurs obligations universitaires. Une réglementation destinée à éviter certains excès serait, à cet égard, souhaitable.
J’avoue avoir hésité à prendre le clavier, je fais partie de ces Maîtres de conférences qui, pour des raisons personnelles, bonnes ou moins bonnes, se satisfont de leur situation mais je reste consciente de l’importance du débat qui s’ouvre aujourd’hui. Alors juste une réflexion… Même si l’absence de MCF au sein du Conseil national du droit ne provient que d’un oubli, cette attitude traduit toute la difficulté de reconnaissance de cette catégorie d’enseignants-chercheurs. Demander à être reconnu ce n’est pas nier l’existence des deux catégories Maîtres de conférences et Professeurs. Cette distinction existe, elle est le fruit de deux parcours distincts et je l’admets (peut-être plus facilement car je n’ai pas eu à en souffrir) mais elle ne justifie pas aujourd’hui une telle différenciation, une telle absence de reconnaissance et encore moins une attitude de mépris qui consiste à remettre en cause le mérite de l’ensemble des MCF.
Par ailleurs, je souhaite apporter mon soutien à ceux qui se lancent dans le débat pour tous les autres sans se cacher derrière un pseudonyme. Bien que n’ayant pas eu à prendre la place de « Dame pipi », je reste anonyme. Par facilité, par peur de froisser, de perdre le confort acquis… par lâcheté peut-être, j’attends de voir dans quel sens le vent tournera.
Bonjour,
Tant mieux finalement que le CND ait été créé puisqu’il permet de lancer, enfin, un débat qui ne cesse d’alimenter, quoi qu’on en dise, les couloirs des facultés (du moins entre MCF). Autant qu’il se développe au niveau national, même s’il nécessite pour cela de passer par la voie de l’anonymat… Constatons d’ailleurs que les professeurs n’hésitent pas à se nommer au contraire des MCF. Pour ma part, je prend le risque mais j’ai aussi la chance d’être dans une fac où les risques de devenir “dame pipi” sont faibles.
Pour répondre à Patrick Morvan et, en même, temps abonder dans le sens de Félicie, il ne s’agit pas, au travers de ce débat, de déterrer la hache de guerre mais simplement de constater que le système tourne quasiment exclusivement autour des Professeurs agrégés (certains n’hésitant pas à préciser “du premier concours”… si, si).
Pour m’être entendu dire que je pouvais diriger un mémoire, mais pas le faire soutenir sans la présence d’un Prof malgré mon HDR, pour me voir exclu de soutenances de thèse au motif que je “pénaliserai” le candidat par ma seule présence dans le jury, je pense qu’il y a de quoi réfléchir… Et il ne s’agit là que de quelques exemples (véridiques)
J’ai sans doute mes torts et suis tout prêt à les assumer. En attendant, la “démotivation” est en marche…
Bonjour
Soutien en effet à votre protestation de principe sur la non-association des MCF au CND. Quoiqu’on pense du CND et quelle que soit la pertinence de telle ou telle remarque cherchant à “expliquer” cette absence, il reste que stratégiquement (à l’interne: égards vis à vis de l’ensemble du corps des enseignants-chercheurs comme à l’externe), c’est une grosse erreur. Espérons que votre réaction aura des effets sur ce point!
Cordialement
SHV prof. P12
Vite fait avant de partir en surveillance “pour” un prof… qui a découvert ce matin qu’il ne pourrait pas être présent à 13h00… une urgence sur un dossier… ça ne s’invente pas (pour les tatillons de l’orthographe et de la grammaire, il n’y aura donc pas de relecture)
“Valérie P.” ? … je pense à quelqu’un.. si c’est le cas… c’est la plus grosse blague du monde… elle… “du mérite” !
Signé un maître de conférences…
…autant dire un c.. qui… comme l’a déjà écrit quelqu’un… organise les enseignements d’un Master 2 dont il n’est pas directeur, monte les colloques dont il n’est pas responsable, suit la publication des mêmes colloques alors qu’il n’apparaîtra pas sur la couverture bien évidemment, fait son service (ce qui dans certaines facultés parisiennes est un exploit chez les professeurs qui consultent, plaident, grouillent en cabinet minstériel ou plus généralement glandent royalement dans le bureau du Centre qu’ils font semblant de diriger), etc, etc.
Au fait je suis tellement c.. que j’ai été deux fois admissibles at THE concours, mais l’intelligence a toujours été du côté des fils, filles, neveux, nièces, filleul de profs ou du côté d’anciens thésards d’un membre du jury ou de MCF enseignant dans la même fac qu’un membre du jury… l’intelligence est très selective en notre monde universitaire. Ayant définitivement pris conscience de mon absence de mérite j’ai décidé d’en rester là… et j’envisage de répondre aux appels répétés d’une Université outre-Atlantique…
Dernière précision pour l’auteur d’un mail ci-dessus… je suis de droite (je n’ai donc pas pris “de boite aux élections”), si cela veut encore dire quelque chose !
Bon courage
Je précise concernant le concours d’agrégation qu’il y a néanmoins d’excellents candidats “atomes libres” qui obtiennent le concours. Le problème est que les candidats “atomes libres” jouent en réalité sur une très étroite fenêtre (5 postes sur 30 ?)… le reste étant “chasse gardée”…
Je souscris pleinement aux propos de mon collègue Patrick Morvan. Je regrette que le CND suscite de pareilles réactions au moment où les facultés ont plus que jamais besoin de serrer les rangs.
Derrière tout cela, finalement, on retrouve le (vieux) débat sur la “légitimité” de l’agrégation.
Pour répondre à Gaston, on ne m’enlèvera pas de l’idée que les modalités de recrutement des maîtres de conférences sont nettement moins transparentes que le concours d’agrégation ! On plaisantera tant qu’on voudra, mais l’agrégation requiert trois leçons (que l’on peut critiquer ou plaisanter aussi, mais qui existent et ne peuvent pas ne pas donner une idée des aptitudes pédagogiques des candidats), quand le recrutement des maîtres de conférences, mise à part la qualification, n’impose finalement qu’un entretien… Evidemment l’agrégation n’est pas parfaite : la preuve, je n’ai pas la chance d’être harcelé, pour ma part, par une quelconque université outre-antlantique !
Chers collègues
J’interviens sur votre excellent blog pour vous féliciter de votre travail en faveur des MCF et par conséquent de l’université.
J’ajoute que s’agissant du CND j’ai bon espoir que dès la prochaine réunion, des MCF seront représentés à côtés des PR. Ce sont deux acteurs importants de la vie universitaire et à l’heure des défis importants, il est plus qu’urgent de se rassembler
A la suite de la lecture de votre blog, j’ai relayé ce débat sur mon nouveau blog http://leblogdehugueskenfack.blogspirit.com
A très bientôt sur nos blogs respectifs et merci pour tout.
M. Houtcieff, vous défendez vigoureusement, une nouvelle fois, le concours d’agrégation, après que vous l’avez fait sur votre blog sous un titre bien provocateur. Libre à vous ! Et libre à certains de vos lecteurs d’émettre quelques remarques sur vos propos.
Tout d’abord, vous vous bornez à affirmer que les modalités d’organisation du concours d’agrégation sont plus “transparentes” que celles du recrutement des maîtres de conférences : on attend toujours vainement, de votre part, ne serait-ce qu’un embryon de démonstration, aux lieu et place de postulats convenus et d’une intime conviction auto-proclamée d’appartenir à une élite ! On risque d’attendre d’ailleurs longtemps cette démonstration, car les postulats sont, par essence, indémontrables, si discutables qu’ils puissent être quelquefois…
La part du hasard dans le concours d’agrégation saute aux yeux de n’importe quel esprit non prévenu : dans l’appréciation des travaux du candidat, dans les sujets donnés, dans l’équipe formée pour la leçon d’agrégation en vingt-quatre heures, etc…, etc…
Ensuite, votre manière, dans votre message ci-dessus, de jeter implicitement le discrédit sur le recrutement des maîtres de conférences n’est pas très agréable pour ces derniers, pour s’appliquer à demeurer dans un registre courtois.
Personne ne conteste qu’il est deux catégories d’enseignants-chercheurs, les maîtres de conférences, d’une part, et les professeurs de l’autre, ni la place éminente de ces derniers et le fait qu’ils soient nettement mieux payés - On pourrait néanmoins payer un peu plus correctement les maîtres de conférences sans porter atteinte, me semble-t-il, au prestige de l’université. Les différences existant entre les deux corps ne sont cependant pas une raison pour traiter avec condescendance les maîtres de conférences, dont beaucoup accomplissent avec dévouement leurs fonctions au sein de l’Université et qui sont, dans nombre de petites facs de province, l’épine dorsale de l’établissement.
Pour en revenir au sujet de cette discussion, je me permets de rappeler incidemment que, pour ma part, la composition du CND ne me choque pas, malgré l’absence de maîtres de conférences, tant qu’il agit comme organe de réflexion et non comme groupe de pression. En effet, ce n’est pas en qualité de professeurs que les universitaires cooptés y figurent, me semble-t-il, mais à raison des fonctions qu’ils ont occupées, soit dans des ministères, soit dans des universités. Il n’est peut-être pas inutile de suggérer que des maîtres de conférences puissent assister aux réunions de cet organe : je m’en remets à la sagesse des auteurs de la démarche indiquées ci-dessus, et je confesse n’avoir pas d’opinion très arrêtée sur la question ; mais, ainsi que l’ont souligné plusieurs intervenants ci-dessus, notamment MM. Dumont et Morvan, l’objet dudit organe ne semble nullement de fomenter une réforme de l’université en en tenant à l’écart les maîtres de conférences.
n.b. le dernier paragraphe de cette intervention étant largemenent une répétition de ce que j’ai écrit plus haut et n’étant motivé que par le souci de prévenir toute ambiguïté, le modérateur pourra, s’il le souhaite, l’effacer.
pardon de rectifier mon adresse blog http://leblogdehugueskenfack.blogspirit.com
merci beaucoup
Cher Collègue,
Je précise - mais c’est aussi une répétition - que je n’ai rien contre l’idée que des maîtres de conférences figurent dans le CND, dont la composition n’est pas arrêtée. Pour le reste, je ne pense pas que l’on puisse raisonnablement penser que le mode de rectrutement des maîtres de conférences n’est pas perfectible (je précise ici que j’ai été maître de conférences). Le “localisme” me paraît un problème plus grave que le prétendu favoritisme à l’égard de certains candidats à l’agrégation. Ce favoritisme est d’ailleurs aussi un “postulat convenu” qui mériterait d’être démontré. J’ajoute que je suis persuadé, comme vous semble-t-il, que l’agrégation ne mesure pas les compétences des candidats, mais démontre simplement l’aptitude à la réussir…Certes, il me paraît difficile de convaincre des qualités de l’agrégation ses plus farouches détracteurs, d’autant, je l’ai déjà écrit aussi, qu’elle n’est pas parfaite. Il reste que, en soi, le fait pour un jury unique d’écouter un candidat sur un sujet qu’il a préparé sous forme de leçon n’est pas une idée dénuée de sens. … L’essentiel est ailleurs : je persiste à croire que le moment n’est pas venu, pour les Professeurs et les Maîtres de conférences, de s’opposer ; la création du CND ne doit pas être l’occasion d’un conflit. Comment exister face aux autres si nous nous divisons nous-mêmes?
Merci aux différents intervenants.
Petite précision : le débat que nous avons lancé ici ne concerne pas la légitimité de l’agrégation.
Il existe aujourd’hui deux catégories d’enseignants chercheurs et nous regrettions simplement qu’elles ne soient pas présentes au sein du CND.
L’appel lancé sur ce blog a semble-il été entendu si l’on s’en tient à la quantité de mails reçus. Nous remercions au passage les professeurs qui ont contribué à la discussion et nous réaffirmons ici qu’il n’est nullement question d’opposition, bien au contraire. C’est d’ailleurs ce qui rend la composition de la commission Truchet et du CND plus difficile à comprendre.
Les difficultés relatives au recrutement des MCF et des professeurs agrégés feront l’objet de discussions ultérieures.
@dimitri houtcieff
“On plaisantera tant qu’on voudra, mais l’agrégation requiert trois leçons (que l’on peut critiquer ou plaisanter aussi, mais qui existent et ne peuvent pas ne pas donner une idée des aptitudes pédagogiques des candidats), quand le recrutement des maîtres de conférences, mise à part la qualification, n’impose finalement qu’un entretien… Evidemment l’agrégation n’est pas parfaite : la preuve, je n’ai pas la chance d’être harcelé, pour ma part, par une quelconque université outre-antlantique !”
On ne s’en lasse pas !
A lire cette prose, deux conclusions :
- Seuls les professeurs savent enseigner puisque les maîtres de conférences sont quasiment tirés à la courte paille…
- Dans ces conditions il évidemment purement scandaleux qu’une université américaine s’adresse à un mcf et non à un professeur… d’ailleurs il faudrait que tous les mcf recevant de telles propositions doivent obligatoirement se désister au profit d’un professeur… chacun à sa place que diable !
Merci pour cette bonne rigolade, ça me fera des souvenirs outre-atlantique…
Il faut d’ailleurs croire que les professeurs allemands n’offrent pas des garanties de compétence en matière d’enseignement et de recherche équivalentes à celles de leurs homologues français et que, partant, il nous faut singulièrement nous en défier : lol.
En effet, le concours d’agrégation du supérieur n’existe pas outre-Rhin : c’est sur travaux publiés, que les professeurs sont localement recrutés.
Attention : je ne dis pas que le système allemand n’a pas, par ailleurs, de graves défauts, hein ! En effet, nombreux sont les privat docent (l’équivalent de nos mcf), parvenu à un âge respectable, à rester, hélas pour eux, sur le carreau, malgré leur thèse et des publications. Par ailleurs, la pression pour publier régulièrement et intensément est très forte, ce qui entraîne fatalement des effets pervers, l’abondance de publications n’étant pas nécessairement signe de leur qualité.
A la suite de ces échanges très intéressants, et puisque nous sommes entre nous, je livre deux idées “brutes de décoffrage” qui synthétisent ma pensée, aussi primaire que profonde et même de plus en plus ancrée à mesure que les années passent :
- parmi les professeurs agrégés, mes collègues, il y a beaucoup d’esprits brillants, ce qui révèle à mon sens la qualité du concours. Et puis il y a une frange de parasites de la fonction publique qui, sitôt agrégés, ont immédiatement considéré qu’ils avaient atteint le sommet de leur carrière, sans réaliser qu’elle ne faisait que débuter et qu’ils étaient des points minuscules vus depuis Sirius. L’université pratiquant l’auto-glorification et les rites monarchiques, cet état d’esprit peut perdurer indéfiniment. Je connais ainsi un collègue, en classe exceptionnelle (imaginez le traitement en fin de carrière), qui, dans sa tête, est à la retraite depuis 30 ans : même les étudiants les plus nuls trouvent ses cours nuls. Il ne publie rien depuis toujours. Mais il a une haute idée de sa fonction et de son prestige. J’abhorre ces gens là qui offrent sur un plateau aux universitaires des autres disciplines les arguments en faveur d’une suppression de l’agrégation. Sans une évaluation continue des travaux de recherche tout au long de la carrière, le titre de professeur d’université ne peut être que usurpé. Tous les 5 ans, une université devrait pouvoir congédier ces éléments parasites qui ont le “principe d’indépendance des professeurs d’université” plein la bouche (l’équivalent du dogme de l’indépendance de la magistrature dans la bouche des juges qui ont soutenu Burgaud).
- parmi les MCF, notamment ceux que je prépare bénévolement depuis des années à l’agrégation à Rennes (où je ne suis plus prof depuis 4 ans !), j’ai rencontré des gens remarquables. Je connais des MCF qui sont meilleurs spécialistes que moi dans mes propres domaines de prédilection. Mais il y a, là aussi, des personnages qui usurpent leur place dans la fonction publique. La cause du mal est facile à reprérer : le localisme. Ces enseignants (rarement de qualité) sont aussi peu désireux d’écrire une ligne que les professeurs précités ou de participer ne serait-ce qu’à un colloque.
La fracture ne devrait pas être située entre profs et MCF (c’est une déchirure douloureuse) mais entre les travailleurs et les profiteurs. C’est d’ailleurs celle qui transparaît sur ce blog où les convergences de vues sont nombreuses et où l’envie de rénovation est tangible.
Quelqu’un aurait-il une idée révolutionnaire (qui ferait bien sûr scandale) afin d’identifier les handicapés de l’écriture ?
@ Gaston. Oops ! J’avais manqué la réponse de mon collègue aigri. Tant pis et bon vent, je me félicite que son sens de l’humour s’exporte!
Pour le reste, je partage les grands traits de l’avis Patrick Morvan. Je ne suis pas certain qu’il soit très difficile d’identifier les collègues qui n’écrivent pas, tout comme il est aisé de savoir qui écrit. Je ne suis pas certain non plus, cependant, qu’il soit bon de se lancer dans une chasse aux paresseux.
Une période probatoire pourrait en revanche être instaurée à l’avenir - un stage, en somme. L’inconvénient serait triple cependant : d’une part, il restera la vie au-delà du stage. A moins évidemment, et pourquoi pas, que ce stage soit perpétuel. De deuxième part, il faudrait s’assurer de la compétence de ceux qui évalueront le travail et de la pertinence des critères d’évaluation (l’argument est classique : quis custodiet ipsos custodes?): au moins, il faut espérer que le juges seront des juristes - ceux qui ont déjà assisté à un conseil scientifique me comprendront surement -… Enfin et de troisième part, j’imagine sans peine le raidissement de mes collègues - peut-être même le mien - à l’idée d’être évalué.
L’idée du stage me paraît bonne, mais elle mérite d’être affinée. Il est vrai que d’ici là, les présidents d’université disposeront du pouvoir de refuser les recrutements…
Je trouve que les deux interventions précédentes mettent trop l’accent sur l’activité de publication dans l’évaluation des mérites d’un enseignant chercheur, maître de conférences ou professeur.
D’une part, en effet, il est des enseignants chercheurs qui publient très peu, voire pas, et qui sont des modèles de pédagogie et de conscience professionnelle : j’ai de nombreux exemples à l’esprit.
Inversement, il est des enseignants chercheurs qui publient beaucoup, et dont les écrits sont même de qualité, et qui se moquent de l’enseignement, de la pédagogie et de l’université. D’autre part, une activité intense en publication n’est pas toujours un signe de qualité.
Je vais me permettre de citer deux noms, ceux d’un commercialiste et d’un civiliste. Si l’auteur de ce blog considère que je vais trop loin, il pourra toujours censurer ce passage. (NDLR : Par correction, nous avons simplement supprimé les noms des personnes que vous mentionnez)
M. X était un remarquable juriste en droit bancaire et en droit des effets de commerce, notamment.
Ses polycopiés en la matière sont admirables par la clarté et la rigueur de l’analyse juridique. Ils demeurent des modèles du genre, bien qu’ils soutiennent un peu trop souvent des thèses “pro-banque” et que certains passages soient parfois un peu trop inspirés d’autres ouvrages, notamment feu le Ripert et Roblot, aujourd’hui Ripert, Roblot, Germain et Delebecque, je crois. Il a écrit aussi des articles remarquables, sur les droits du porteur d’une lettre de change, sur le chèque sans provision, sur la garantie à première demande, par exemple.
Il dispensait ses cours trois heures d’affilé chaque semaine, le samedi matin, dans un amphithéâtre vide, où il se bornait à lire son cours, qu’il n’avait visiblement pas révisé avant de venir. C’était soporifique.
Sa manière de concevoir les séances de travaux dirigés, à supposer qu’il en ait eu une, aurait écoeuré n’importe quel étudiant de licence ou de maîtrise en droit des affaires : des appels répétés et fastidieux à connaître l’intégralité d’un cours surdimensionné, aucune prise à la réflexion dans des fiches rendant pratiquement impossible l’épanouissement intellectuel.
Il semblait se désintéresser de l’enseignement et ne guère se soucier de ce qui pouvait se passer en td, et consacrait sans doute davantage de temps à la consultation qu’à l’université.
Je n’aurais pas l’audace de prétendre qu’il n’avait pas sa place à l’Université. Mais j’en connais qui ont beaucoup moins écrit que lui et dont le dévouement aux étudiants était bien plus manifeste, et qui ont joué un rôle bien plus important dans la formation de générations d’étudiants. Pourtant, avec les critères avancés par les deux intervenants précédents, il aurait bien plus mérité sa place à l’Université.
M. Y Rémy publie peu, surtout depuis qu’il a abandonné la chronique de contrats spéciaux de la Revue trimestrielle de droit civil, il y a de cela déjà pas mal d’années. Pourtant nul ne contestera que ses articles sont fondamentaux. Quand on lit son article à la RTDC 1997 sur la responsabilité contractuelle envisagé comme un mode de paiement par équivalent, on peut être d’accord ou non avec ses thèses. Mais le profond travail de réflexion et la rigueur des explications forcent l’admiration. Pourtant si on décide une évaluation par l’activité en publications, tel autre enseignant publiant beaucoup plus pourrait être considéré comme satisfaisant davantage aux exigences de sa mission. Et, en effet, si on met en place des mécanismes d’évaluation des publications, il y a fort à parier que, faute de compétences suffisantes de l’organisme évaluateur, la quantité de publications compte bientôt davantage que la qualité. C’est précisément la dérive à laquelle on assiste au Royaume-Uni et en Allemagne, où l’activité en publication des enseignants chercheurs fait l’objet d’évaluation par des tiers.
Les enseignants chercheurs sont aussi des enseignants, ne l’oublions pas ! Or la qualité de l’enseignement dispensé est très difficilement susceptible d’une évaluation objective, bien plus encore que l’activité de publication.
Une petite réforme que j’appellerai personnellement de mes voeux, plutôt qu’une chasse aux parasites qui risque de se transformer en chasse aux sorcières : réglementer, sans l’interdire, l’activité de consultation des professeurs. Il me semble légitime que les professeurs consultent, voire qu’ils soient inscrits au barreau. Mais il me semble souhaitable que leur activité de consultation demeure dans des limites raisonnables. On ne peut qu’être choqué de voir certains rivaliser pour accéder au top 10 des universitaires les mieux payés et battre la campagne pour glaner çà et là le plus de consultations possibles. Une activité débordante de consultant ne peut se faire qu’au détriment de la rechercher et, surtout, de l’enseignement. On pourrait très bien prévoir qu’un enseignant-chercheur ne pourra percevoir de gains au titre de ses interventions extérieures à l’université, d’un montant supérieur à un certain plafond ou à un certain pourcentage de son traitement. Une telle mesure obligerait déjà quelques-uns à l’observation d’un minimum de décence.
[...] manquer la publication du décret relatif au Conseil National du Droit. Dans un précédent billet, nous dénoncions l’absence de Maîtres de conférences au sein de cet organe. En retenant l’expression d’”enseignants-chercheurs” le législateur évite [...]
Ayant eu M. Y (sic) Rémy comme professeur, je puis attester qu’il était un remarquable enseignant ayant marqué des générations d’étudiants poitevins. Il est encore intervenu récemment comme membre d’un jury de thèse.
Ceci étant, ce qui peu choquer c’est l’absence totale de publication de certains enseignants-chercheurs pendants plus de 20 ans. Le critère quantitatif reste pertinent quand il mesure le vide. Pour le reste, je suis tout à fait d’accord pour dire que ce n’est pas la quantité qui permet de mesurer la qualité.
Je suis MCF, HDR
Ds ma fac (comme partout je présume) il y a une réunion pour déterminer la liste des professeurs invités. L’un de mes amis, professeur ds une université canadienne de renom, souhaitait être invité à enseigner quelques temps (2-3 semaines comme c’est l’usage) chez nous.
La réunion pour déterminer la liste des invités a été réservée aux seuls professeurs ! Il m’a été dit que pour inviter quelqu’un il me suffisait de donner son nom à un professeur qui se ferait un plaisir d’être l’invitant… MCF = mort civile.
Résultat des courses… je n’ai pas proposé de nom et notre collègue ne viendra pas… par contre, ironie, il a proposé mon nom pour que je sois invité pd 2 semaines dans son université, cela a été accepté…
Vriament raz-le-bol de ce comportement des “êtres supérieurs” (qui ont d’ailleurs invité d’obscurs profs d’obscures facs… situées au soleil… à charge de revanche) !