Motion du Collectif pour la Défense de l’Université
Collectif pour la Défense de l’Université
- Motion du 7 février 2009 -
L’Assemblée du Collectif réunie ce jour, conformément aux résolutions prises dans sa motion du 31 janvier 2009, rappelant
- les exigences formulées par le Collectif dans la motion adoptée le 6 janvier 2009
- et sa solidarité avec les universitaires des disciplines non juridiques qui critiquent la réforme des concours d’enseignement du second degré et la mise en œuvre de la masterisation,
1- Réitère la demande de retrait du projet de décret relatif au statut des enseignants-chercheurs ;
2- Considère que la proposition d’une simple charte d’évaluation, sans portée juridique, est inacceptable et révèle par elle-même les dangers du décret ;
3- Rappelle la nécessité d’une loi réaffirmant l’exigence de l’indépendance constitutionnelle des universitaires, et demande qu’une telle loi soit précédée d’une vaste consultation de la communauté universitaire ;
4- Invite à tout mode d’action jugé adéquat selon les circonstances locales ;
5- Appelle notamment les universitaires à suspendre leur participation aux instances extérieures à l’université (jurys de concours, commissions, examens professionnels – avocats, professions judiciaires, etc.) ;
6- Appelle à participer
- à la grève le mardi 10 février 2009 et
- à la journée de manifestation nationale à Paris du même jour (rendez-vous au Centre Panthéon, 12 place du Panthéon, Paris 5ème, à 14 h 00) ;
7- Délègue quatre représentants pour la prochaine réunion de la Coordination nationale (Olivier Beaud, Cécile Chainais, François Gaudu, et Jean Matringe) ;
8- Appelle à une nouvelle réunion le samedi 14 février 2009 à 14h, au Centre Panthéon.
Merci Olivier Beaud !
Il est important de montrer qu’il y a dans les facs de droit des gens qui, sans faire de politique ni de contestation gratuite, défendent tout simplement le parti de la raison et du respect de l’indépendance. L’indépendance est notre seul atout.
Si la recherche avait été contrôlée, je vous invite à imaginer le nombre de livres qui n’auraient jamais vu le jour. Je vous fais une petite liste :
- Kelsen, Théorie pure du droit : ça ne sert à rien, vu de l’époque
- Santi Romano : L’ordre juridique, ça sert encore moins à rien, vu de l’époque
- Michel Villey, Formation de la pensée juridique moderne, idem, même aujourd’hui, d’ailleurs, ça sert toujours à rien
- Hart, Le concept de droit, idem
- Dworkin, L’empire du droit, idem
etc. etc.
Que se serait-il donc passé ? La scène suivante, dans le bureau du DRH recruté via un certain opérateur de téléphonie, devenu entretemps actionnaire majoritaire de la Fac, elle-même côtée en bourse :
“MM. Kelsen, Romano, Hart et Dworkin, j’ai le regret de vous informer que votre service a été modulé. Etant donné les contraintes actuelles et la demande des entreprises qui financent notre faculté, j’ai décidé de vous attribuer à chacun un cours de 70h sur le Droit des antennes mobiles. Exécution !”
A méditer…