Les Universités françaises ont de belles pages à écrire. Elles ont contribué à dessiner la « vieille Europe » et doivent plus que jamais se préparer à rayonner au-delà des frontières. De telles ambitions, parfaitement louables, ne sont envisageables que si les différents acteurs font preuve de maturité. Si l’on envisage le corps des enseignants chercheurs tel que défini par le décret n° 84-431 du 6 juin 1984, il est permis de relever la coexistence de deux catégories, celle des maîtres de conférences et celle des professeurs. A ce jour, seuls les professeurs ont mis en place un embryon de coordination alors que les maîtres de conférences continuent d’œuvrer de manière isolée c’est-à-dire avec peu d’efficacité.
Des commissions et groupes de travaux se réunissent à l’heure actuelle pour discuter du devenir de l’université et de l’évolution des personnels. Dans l’immense majorité des cas, ces rencontres se font avec des professeurs, sans aucune présence de maîtres de conférences et cela sans que personne ne s’en émeuve le moins du monde.
Nous avons ainsi des propositions relatives à la carrière des maîtres de conférences formulées par des professeurs. Ils sont évidemment légitimes en ce qu’ils sont acteurs de l’université. A l’opposé cependant, l’absence de maîtres de conférences dans ces groupes de travail est illégitime. Que diraient Les professeurs si les propositions relatives à leur carrière émanaient exclusivement des maîtres de conférences ? Ils trouveraient évidemment cela absurde. Rien pourtant dans le décret de 1984 ne permet de justifier une telle situation et si le ministère ne s’en préoccupe pas, c’est tout simplement parce que la voix des maîtres de conférences est aujourd’hui inaudible.
Des arguments pour le moins surprenant sont parfois entendus pour tenter de légitimer cette absence de prise en compte des maîtres de conférences : c’est un corps de transition, leurs fonctions sont moins importantes que celles des professeurs …
Il est peut-être temps d’en discuter car les chiffres du ministère sont sans appel : 4686 maîtres de conférences au sein de la section Droit, Sciences politiques, Sciences économiques et de gestion contre 2175 professeurs. A qui veut-on faire croire qu’il ne s’agit que d’un corps de transition puisqu’il est évidemment hors de question d’augmenter le nombre de postes de professeurs ? Sans doute aux quelques maîtres de conférences qui espèrent passer entre les gouttes et faire partie du petit nombre d’enseignants chercheurs « professorisés » chaque année…
Un groupe de maîtres de conférences appartenant à la section “Droit, Sciences politiques, Sciences économiques et de gestion” a donc décidé aujourd’hui de mettre en place une « coordination de maîtres de conférences ». Plusieurs objectifs pour cette coordination.
1°) Le débat.
Une véritable réflexion doit être engagée par tous sur la place et le rôle des maîtres de conférences au sein de nos universités.
2°) Les propositions.
Elles doivent émaner de tous et porter sur tous les aspects de la carrière. Comment expliquer par exemple que l’investissement d’un maître de conférences (et ce n’est pas différent pour les professeurs) ne soit jamais pris en compte dans son traitement et l’évolution de sa carrière ? N’est-ce pas là un frein évident au développement de l’Université ? Imaginons un instant qu’un chef d’entreprise tienne ce raisonnement … Ne serait-il pas préférable de réfléchir à un mécanisme de rémunération qui tienne compte de cet investissement ?
Pour conclure, il convient de préciser ce que cette coordination n’est pas :
- cette coordination n’est pas un syndicat même si, inévitablement, elle sera conduite à formuler des revendications au ministère.
- cette coordination ne représente aucun courant politique.
- cette coordination n’a pas pour objet de créer une opposition avec le corps des professeurs mais bien une synergie.
Lancé de manière confidentielle il y a maintenant trois semaines, la coordination se compose d’une petite centaine de personnes. Si vous souhaitez la rejoindre, vous pouvez transmettre vos coordonnées à l’adresse suivante : mcfdroit@yahoo.fr
Si vous souhaitez donner votre avis sur ce projet, n’hésitez pas à laisser un message au bas de ce billet.
Bonsoir,
juste un petit message pour féliciter le créateur du site avant de futurs messages plus engagés.
Merci pour nous tous
vanessa valette
merci pour cette excellente initiative
nous sommes tellement coincés!
Bonjour,
l’initiative me semble intéressante. Nos universités ont besoin de débats et de propositions. Je suivrai vos réflexions avec intérêt grâce à ce blog que vous avez mis en place.
Sur d’autres sujets j’anime également un blog en lien avec les universités : http://toujoursplus.hautetfort.com.
Bonne continuation.
MC
Bonsoir, pourquoi ne créeriez-vous pas une rubrique échange de “postes” ? Il en existe déjà sur certains sites, mais elles ne sont pas spécialisées dans nos matières. Comme vous le savez, un grand problème des maîtres de conférences, c’est la mobilité. L’échange de poste semble insuffisamment développé dans notre discipline et, comme chacun sait, le système de la mutation marche généralement mal.
Il pourrait y avoir une certaine utilité à installer cette rubrique sur un site spécifiquement dédié aux maîtres de conférences de droit, gestion et science éco.
C’est une excellente idée. Nous allons essayer de la mettre en place. N’hésitez pas à nous faire part de vos idées sur les modalités pratiques.
Il faut d’ailleurs croire que les professeurs allemands n’offrent pas des garanties de compétence en matière d’enseignement et de recherche équivalentes à celles de leurs homologues français et que, partant, il nous faut singulièrement nous en défier : lol.
En effet, le concours d’agrégation du supérieur n’existe pas outre-Rhin : c’est sur travaux publiés, que les professeurs sont localement recrutés.
Attention : je ne dis pas que le système allemand n’a pas, par ailleurs, de graves défauts, hein ! En effet, nombreux sont les privat docent (l’équivalent de nos mcf), parvenu à un âge respectable, à rester, hélas pour eux, sur le carreau, malgré leur thèse et des publications. Par ailleurs, la pression pour publier régulièrement et intensément est très forte, ce qui entraîne fatalement des effets pervers, l’abondance de publications n’étant pas nécessairement signe de leur qualité.
Je suis personellement outrée par la création de ce site qui permettra aux élèves et aux étudiants de noter leurs professeurs, de façon nominative. Pourquoi dans ces conditions ne pas aller jusqu’à imaginer un professeur qui, en retour, mettrait en ligne les notations et appréciations de ses étudiants : service qui pourrait très utile aux futurs recruteurs… Je crois fort heureusement que la CNIL a été saisie de cette affaire, en attendant que notre société ne devienne complétement “fliquée”.
Petit message aux créateurs de ce blog :
L’initiative de départ était intéressante mais j’ai l’impression que l’enthousiasme n’est plus là. Je me trompe ?
Je suis un peu de votre avis. Les seules questions qui soient évoquées depuis quelques mois concernent la situation personnelle de chacun ( échelon, primes …). Nous sommes des chercheurs : et la créativité dans tout cela ? Le sens du collectif ?